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Six cyclistes portugais parcourent les Pyrénées pour collecter des fonds contre le cancer

Initiative "Pédaler pour la vie 2026"
Initiative "Pédaler pour la vie 2026" Tous droits réservés  Liga Portuguesa contra o Cancro
Tous droits réservés Liga Portuguesa contra o Cancro
Par Ema Gil Pires
Publié le
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Portés par l'envie "de faire la différence", des cyclistes amateurs de Portalegre ont, au fil des ans, pris goût aux longues distances. Leur "volonté d'aider les autres" est à l'origine du partenariat avec la Ligue portugaise contre le cancer, confie l'un d'eux à Euronews.

Six amis portugais ont décidé de parcourir les Pyrénées à vélo pour "une cause plus grande". João Feiteira, Júlio Ceia, Paulo Miranda, Vítor Cordeiro, Joaquim Almeida et João Albuquerque se sont lancés sur les routes afin de récolter des fonds pour la Ligue portugaise contre le cancer et de sensibiliser au travail d’une organisation qui, depuis plus de 80 ans, apporte un soutien aux patients atteints de cancer et à leurs familles.

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Ils sont partis le samedi 22 août de la commune française d’Hendaye, à l’extrême sud-ouest du pays, baignée par l’océan Atlantique, pour une première étape de 144 kilomètres en selle. Au total, ils ont bouclé sept étapes, pour une distance globale de près de 900 kilomètres, avec Cerbère, également en France, de l’autre côté de la chaîne montagneuse et déjà sur les rives de la mer Méditerranée, comme destination finale. Un itinéraire achevé le vendredi suivant, comme prévu au départ.

Unis "par le vélo et par la volonté de faire la différence", ce groupe de cyclistes amateurs de Portalegre, dans la région de l’Alentejo, a pris goût, au fil des ans, aux longues distances. Jamais "dans une logique de compétition", mais dans une démarche de dépassement de soi et avec l’objectif d’aller "toujours plus loin", raconte l’entrepreneur João Feiteira, qui fait partie de ce peloton éclectique composé de coureurs aux profils professionnels très variés, de la médecine aux télécommunications.

"Et, il y a quelques années, nous nous sommes dit que nous pouvions associer ce hobby, cette passion, à notre volonté d’"aider les autres", dans une action solidaire baptisée "Pedalar pela Vida" ("Pédaler pour la vie"), raconte-t-il à Euronews.

Au fil des sept étapes, des mises à jour quotidiennes sur leur "mission" ont été partagées sur une page Instagram dédiée à l’initiative, une mission qui, cette année, a été tout sauf "facile". Ils ont dû affronter "des montées très difficiles", mais aussi des conditions météorologiques défavorables, avec "pluie et orages", entre autres dangers. Dans un contexte pareil, souligne João Feiteira, il faut "un très grand esprit d’entraide" entre les cyclistes pour que, au final, ils puissent "arriver tous ensemble" à destination, quelle que soit la "difficulté" du trajet.

Deux "bénévoles de la Ligue portugaise contre le cancer" ont également accompagné le voyage et ont "apporté leur soutien" aux six cyclistes tout au long du parcours.

Et c’est notamment en partageant ces péripéties sur les réseaux sociaux qu’était lancé l’appel à ceux qui voyaient ces publications à apporter leur contribution, afin de renforcer le travail de l’institution en matière "d’accompagnement, de soutien social et matériel" aux malades atteints de cancer et à leurs familles. Cette année, un site internet (source en portugais) a même été créé, où tous les intéressés pouvaient faire un don via MB Way ou par virement bancaire.

Une autre façon de soutenir l’institution à but non lucratif était d’acheter des t-shirts solidaires liés au projet, au prix de 12,50 euros l’unité. Le montant total, une fois déduits les frais d’impression, était lui aussi reversé à la Ligue portugaise contre le cancer. En outre, plusieurs tirelires liées au projet ont été installées dans "des commerces de la ville de Portalegre et des environs" pour que les habitants puissent également y déposer leur contribution, rapporte le cycliste João Feiteira. Au terme de la campagne, ils ont réussi à récolter environ 5 000 euros grâce à cette initiative, ont-ils indiqué à Euronews.

Un partenariat né en 2022

Pendant de nombreuses années, les six amis se retrouvaient l’été simplement pour parcourir ensemble "quelques kilomètres à vélo". Ces "initiatives annuelles" se sont rapidement transformées en forme de soutien à la Ligue portugaise contre le cancer, les cyclistes prenant eux-mêmes entièrement en charge les coûts liés aux voyages.

En 2022, ils ont parcouru la route nationale 2, considérée comme la plus emblématique du pays et qui relie le nord au sud du Portugal, de Chaves à Faro. Mais, avant de se lancer dans l’épreuve, ils ont soumis une proposition au groupe de soutien de Portalegre de la Ligue portugaise contre le cancer : "Nous avons suggéré que, au fur et à mesure que nous accomplissions les étapes, nous fassions connaître le travail de la Ligue et que nous demandions aux gens de contribuer, afin de réussir à collecter des fonds", raconte João Feiteira.

Une idée qui a immédiatement trouvé un écho. "Le groupe de soutien de Portalegre a trouvé cette idée intéressante et cela a fini par être un succès. Et à partir de là, chaque année, plus ou moins entre fin août et début septembre, nous organisons une action solidaire de ce type pour aider la Ligue portugaise contre le cancer."

Après une interruption en 2023, les six cyclistes ont repris ces actions solidaires en 2024. Cette année-là, ils sont partis "à vélo de Portalegre" et ont mis le cap sur le col du Tourmalet, "l’une des ascensions mythiques du Tour de France", également dans les Pyrénées, lors d’un périple de "près de mille kilomètres".

Mais, l’an dernier, le choix a été différent. La Ligue portugaise contre le cancer disposant de plusieurs groupes de soutien répartis dans tout le pays, ces cyclistes ont de nouveau pris leur ville, Portalegre, comme point de départ, avant de suivre un itinéraire qui passait par plusieurs localités où ces groupes sont installés.

L’objectif était aussi de visiter ces lieux et de "donner de la visibilité", via les réseaux sociaux, à la mission qu’ils remplissent, avec l’aide de dizaines de milliers de bénévoles qui offrent "ce soutien de manière totalement désintéressée, par amour pour leur prochain", souligne le cycliste João Feiteira.

"Nous sommes donc allés à Golegã, Abrantes, Santarém, Caldas da Rainha, Lisbonne, Setúbal, Évora, Beja, Almodôvar et Faro." Tout au long du trajet, comme les années précédentes, ils "ont appelé [les gens] à faire des dons pour cette cause".

Bilan fait, lors de chacune des précédentes éditions de l’initiative "Pedalar pela Vida", des dons d’un montant d’environ 5 000 euros ont été récoltés pour la Ligue portugaise contre le cancer, comme cela a été le cas cette année.

Les Pyrénées cette année : pourquoi

Interrogé par Euronews sur les raisons qui les ont poussés à choisir les Pyrénées comme "mission" de cette année, le cycliste João Feiteira explique : "Nous avons voulu relever un défi que nous pensions plus grand que nous-mêmes et qui soit vraiment très difficile. Et que, peut-être, nous ne réussirions pas à mener jusqu’au bout."

Pourquoi ? "Parce que le malade atteint d’un cancer, lorsque le malheur frappe à sa porte et qu’il est confronté à la réalité d’une maladie qui, en fin de compte, n’a rien de sympathique [...], se sent lui aussi souvent perdu et prêt à abandonner." Il se retrouve à parcourir ce "chemin" jalonné de traitements constants, sans savoir si tout cela "le mènera vers l’issue qu’il espère" ni s’il parviendra à "surmonter" la maladie.

L’idée était donc d’établir "un parallèle" entre l’épreuve difficile que ces cyclistes affrontent dans les Pyrénées "et ce que vit le malade atteint d’un cancer" "depuis le jour où il découvre sa maladie jusqu’à la guérison". Il s’agissait ainsi de lui offrir "un peu de réconfort", ajoute João Feiteira, pour qu’il puisse sentir que, même s’il ne "pédale" pas physiquement aux côtés de ces six amis, "c’est comme s’il le faisait. Parce qu’il se reconnaît dans nos difficultés, il les ressent dans sa chair chaque jour".

Tout cela afin que le patient "ne se sente pas seul", en lui offrant "un mot d’encouragement et d’espoir". Car, dans ce type de situation, "l’argent n’est pas la seule chose qui compte", conclut le cycliste, en référence aux montants collectés au fil des différentes éditions du projet "Pedalar pela Vida".

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