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Ce que l’on sait du patient zéro présumé du hantavirus

Le paquebot MV Hondius, touché par le hantavirus, est à l’ancre dans le port de Granadilla, à Ténérife, aux Canaries, le 11 mai 2026.
Le navire de croisière MV Hondius, touché par le hantavirus, est au mouillage dans le port de Granadilla, à Tenerife, aux Canaries, en Espagne, le 11 mai 2026. Tous droits réservés  AP
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Par Alexandra Leistner
Publié le
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Un ornithologue néerlandais soupçonné d’être le « patient zéro » de l’épidémie d’hantavirus sur un navire de croisière : où et comment a-t-il été contaminé ?

Dans les bulletins d'information sur les flambées épidémiques de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (source en anglais), le premier décès lié à une infection par un hantavirus sur le navire de croisière MV Hondius est désigné comme « cas 1 ». Cet homme est officiellement considéré comme un « cas probable », aucune analyse microbiologique n'ayant été réalisée pour confirmer la cause de sa maladie.

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Le 1er avril, après plus de trois mois de voyage en Argentine, au Chili et en Uruguay, lui et son épouse sont montés à bord du navire de croisière à Ushuaia, en Argentine. Selon l'OMS, il a développé des symptômes le 6 avril et est décédé à bord le 11 avril.

Le 4 mai, soit près d'un mois après son décès, l'OMS a indiqué qu'elle réagissait à une flambée suspectée de hantavirus sur le navire, qui se trouvait alors au large du pays insulaire du Cap-Vert, en Afrique de l'Ouest.

Le cas 2, « une femme adulte, contact étroit du cas 1 », a quitté le navire à Sainte-Hélène le 24 avril avec des symptômes gastro-intestinaux. Son état s'est aggravé pendant un vol vers Johannesburg, en Afrique du Sud, le 25 avril, et elle est décédée le lendemain dans une clinique de Johannesburg. Des analyses microbiologiques ont confirmé une infection par le hantavirus Andes, le seul hantavirus connu pour être transmissible d'une personne à l'autre.

Avis de décès dans un journal local néerlandais

Des médias américains ont identifié le couple. Selon des articles du New York Post (source en anglais), les cas 1 et 2 sont un couple néerlandais marié, Leo Schilperoord, 70 ans, et son épouse Mirijam, 69 ans, tous deux ornithologues à la retraite.

Le journal local de leur ville, Haulerwijk, dans le nord des Pays-Bas, a publié des avis de décès (source en anglais) mentionnant les dates de décès correspondantes.

« Au cours de leur voyage de retour après un périple en Amérique du Sud, nous avons appris avec une profonde tristesse le décès de nos voisins. Le fait qu'ils soient morts à si peu de temps d'intervalle nous affecte profondément. Nous souhaitons beaucoup de courage à leur famille et à leurs proches en cette période difficile », peut-on lire dans l'un des avis de décès publiés par l'Association de quartier locale.

Hypothèse sur le lieu de l'infection

Dans les jours précédant l'embarquement pour la croisière, le couple a visité un site d'enfouissement des déchets à Ushuaia, dans le sud de l'Argentine, connu pour attirer les amateurs d'oiseaux. L'une des hypothèses est que c'est peut-être là que l'infection a eu lieu.

Les autorités locales ont rejeté cette affirmation, qui aurait été faite anonymement par des responsables nationaux de la santé à l'Associated Press, affirmant n'avoir jamais recensé le moindre cas de hantavirus, et encore moins de la souche Andes, dans la zone entourant cette décharge en Terre de Feu, en Argentine.

Juan Facundo Petrina, directeur général de l'épidémiologie et de la santé environnementale de la province, a déclaré à l'Associated Press que l'espèce de rongeur responsable de la transmission du virus n'est pas présente dans la région.

Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) indique que l'hypothèse actuelle (source en anglais) est qu'au moins un passager a été exposé au virus Andes lors d'un séjour en Argentine ou au Chili avant l'embarquement. L'agence ajoute que ce passager a ensuite pu transmettre le virus à d'autres personnes à bord.

Une longue période d'incubation

Les hantavirus se transmettent généralement par contact avec des excréments de rongeurs et se propagent difficilement d'une personne à l'autre.

En revanche, le virus Andes, un hantavirus principalement présent en Amérique du Sud et lié à la flambée à bord du navire de croisière, peut, dans de rares cas, se transmettre entre humains. Les symptômes, comme la fièvre, les frissons et les douleurs musculaires, apparaissent généralement entre une et huit semaines après l'exposition, selon l'OMS (source en anglais).

Il peut provoquer une grave infection pulmonaire, appelée syndrome pulmonaire à hantavirus, qui peut s'aggraver rapidement et mettre la vie en danger.

Des infections secondaires chez des professionnels de santé ont déjà été documentées dans des établissements de soins, même si elles restent rares. La transmission semble plus probable au début de la maladie, période durant laquelle le virus est considéré comme plus contagieux.

L'OMS souligne aussi que les données restent limitées en raison de la rareté des flambées impliquant une transmission interhumaine prolongée.

L'OMS comme l'ECDC (source en anglais) estiment que le risque pour la population générale est faible, le virus Andes ne se propageant qu'entre personnes en contact très étroit.

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