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Interdire dans l’Union européenne les produits issus du travail forcé

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Par Isabel Marques da Silva  & Euronews
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Un rapport souligne l'ampleur à l'échelle mondiale du travail forcé
Un rapport souligne l'ampleur à l'échelle mondiale du travail forcé   -   Tous droits réservés  AP Photo/Timur Karpov

La Commission européenne devrait présenter prochainement une proposition pour interdire les produits issus du travail forcé. Le texte est en préparation depuis un an et des études indépendantes confirment l'ampleur du phénomène à l'échelle mondiale.

Selon un rapport publié cette semaine par deux agences des Nations unies et une ONG cet esclavage moderne touche :

  • 27,6 millions de personnes

  • 3,3 millions d'enfants

  • 86% du secteur privé.

Parmi les 14% de situations où le travail forcé est imposé par l'Etat, la minorité musulmane des Ouïghours dans la province chinoise du Xinjiang est souvent citée. En marge de la session plénière du Parlement européen, les Verts ont voulu mettre en avant cette question et plus particulièrement le cas chinois.

"Depuis 5 ans nous savons que la Chine utilise les Ouïghours pour le travail forcé. Nous savons quels sont les secteurs particulièrement concernés : le textile, la haute-technologie et les télécommunications", explique la présidente de l'Institut ouïghour d'Europe, Dilnur Reyhan.

Le Parlement européen demande la mise en place d'un instrument identique à celui employé par le Canada et les Etats-Unis. Lorsque les soupçons de travail forcé sont particulièrement élevés, les entreprises doivent prouver qu'elles n'ont pas recours à cet esclavage dans leurs chaînes de production ou auprès de leurs fournisseurs.

L’eurodéputé écologiste Yannick Jadot souligne qu’il ne veut pas d'une approche trop prudente de la part de l’UE. "La proposition de la Commission européenne c'est que ce soient les pays qui enquêtent, sur alerte par exemple des associations ou des experts ou d'un certain nombre d'entreprises. Donc on risque d'avoir un système assez peu efficace", explique-t-il.

Une fois présentée, la législation devra être approuvée par le Parlement européen et les Etats membres. Deux ans après sa publication, elle devra ensuite être retranscrite dans le droit national.