Vladimir "Poutine n'a pas besoin de paix, il veut restaurer l'empire russe"

Le président russe Vladimir Poutine
Le président russe Vladimir Poutine Tous droits réservés Mikhail Klimentyev, Sputnik, Kremlin Pool Photo via APEuronews
Par Stefan Grobe
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L’OTAN reconnaît que la ligne de front en Ukraine n’a pas bougé. Malgré le peu de progrès territorial, pour Kyiv et ses soutiens il n’est pas question de changer de cap : restaurer l’intégrité complète de son territoire.

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C’est un écueil que l’Ukraine veut empêcher. Kyiv veut éviter qu’une lassitude face à la guerre ne s’empare de ses alliés.

Le secrétaire général de l’OTAN a ainsi reconnu que les forces ukrainiennes n’avaient pas réussi à obtenir des gains significatifs sur le terrain et que la ligne de front n’a pas bougé. Jens Stoltenberg ajoute cependant que l’Ukraine a réussi à infliger des pertes lourdes à son adversaire.

Pour sa part le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, assure que le soutien de l’UE est indéfectible.

Euronews a interrogé Oleksandra Matviichuk, avocate ukrainienne spécialisée dans les droits de l'Homme et corécipiendaire du prix Nobel de la paix 2022, pour évoquer les perspectives du conflit en Ukraine.

Euronews :

Il y a beaucoup de spéculations ces jours-ci sur les différents moyens de mettre fin à la guerre. L'Ukraine devrait-elle négocier un accord avec Vladimir Poutine dans un avenir proche ?

Oleksandra Matviichuk :

Le problème, c'est que (Vladimir) Poutine n'a pas besoin de paix, il veut restaurer l'empire russe. Il n'y a pas de prix pour Poutine afin d'atteindre cet objectif. Cela signifie que nous devons aider l'Ukraine à gagner. La démocratie doit gagner les guerres, car seule la propagation de la liberté rend le monde plus sûr.

Euronews :

Quand diriez-vous que les conditions sont réunies pour une paix négociée ?

Oleksandra Matviichuk :

Nous devons définir clairement ce que la paix signifie, car la paix n'est pas l'occupation. La Russie doit libérer les territoires qu'elle a occupés. Je suis avocate spécialisée dans les droits de l'Homme et je sais que les habitants de ces territoires sont victimes de traitements mortels, de tortures ou de violences sexuelles, et nous n'avons pas le droit moral de laisser ce peuple seul sous l'occupation russe.

Euronews : Craignez-vous qu'une sorte de lassitude de l’Occident face à la guerre se fasse sentir ?

Oleksandra Matviichuk :

Il est difficile de rester longtemps dans une guerre. C'est pourquoi nous devons repenser notre façon de procéder. Qu'est-ce que je veux dire par là ? Lorsque l'invasion à grande échelle a commencé, le monde civilisé a dit : aidons l'Ukraine à ne pas échouer. Et l'Ukraine a obtenu les premières armes pour pouvoir se défendre. Ensuite, de sérieuses sanctions contre la Russie sont entrées en vigueur. Mais le moment est venu de changer de discours. Aidons l'Ukraine à gagner. Il y a une énorme différence entre aider l'Ukraine à ne pas échouer et l'aider à gagner.

Euronews :

Dans quelle mesure êtes-vous convaincue que les crimes de guerre potentiels seront traités comme il se doit ?

Oleksandra Matviichuk :

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Je n'ai aucun doute sur le fait que Poutine, s'il est encore en vie, se retrouvera à La Haye. Car il est temps de briser le cercle de l'impunité dont la Russie a bénéficié pendant des décennies. La Russie a commis d'horribles crimes de guerre en Tchétchénie, en Moldavie, en Géorgie, au Mali, en Syrie, en Libye, dans d'autres pays du monde. Ils n'ont jamais été punis. Nous devons donc faire preuve de justice, non seulement pour les Ukrainiens, mais aussi pour empêcher une prochaine attaque russe contre une autre nation.

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