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Emmanuel Macron veut inscrire la restitution des œuvres africaines pillées dans la durée

Le président français Emmanuel Macron et le président kenyan William Ruto à Nairobi le 11 mai 2026
Le président français Emmanuel Macron et le président kenyan William Ruto à Nairobi le 11 mai 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Jean-Philippe Liabot & AP
Publié le Mis à jour
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Le président français a profité du sommet Afrique-France pour sacraliser le processus de restitution des biens culturels pillés. Porté par une nouvelle loi-cadre, ce mouvement est jugé « inarrêtable », marquant une rupture historique dans les relations culturelles entre la France et l'Afrique.

En affirmant que le mouvement de restitution est devenu « irréversible et inarrêtable », Emmanuel Macron a envoyé un signal fort : celui d'une politique qui dépasse les querelles politiques françaises. Juste avant ce sommet, il a officiellement promulgué une loi-cadre facilitant le retour des œuvres, adoptée à l’unanimité par le Parlement le 7 mai dernier.

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Le président a tenu à balayer les critiques de ses opposants, fustigeant ceux qui dénonçaient une forme de « repentance ». Pour lui, il est désormais « trop tard » pour faire machine arrière : même un successeur tenté par le repli ne pourrait, selon lui, défaire ce qui a été construit.

"Quand bien même arriverait en France quelqu'un qui voudrait revenir sur les restitutions, je crois qu'il n'y arriverait pas (...) même tous les gens qui font souffler les vents mauvais et qui veulent aller vers le repli", a-t-il affirmé,

La nouvelle loi adoptée à l’unanimité par le Parlement français, doit simplifier les procédures de retour des biens culturels acquis ou spoliés durant la période coloniale. Cette réforme répond à une promesse faite par Emmanuel Macron dans une discours en 2017 à Ouagadougou, lorsqu’il avait annoncé vouloir créer les conditions de restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain conservé en France.

Jusqu'à aujourd'hui, chaque restitution nécessitait une loi spécifique pour déroger au principe d'« inaliénabilité » des collections nationales. Cette loi-cadre simplifie la procédure en permettant des transferts de propriété via des accords bilatéraux, évitant ainsi de longs débats législatifs pour chaque objet. Elle facilite le retour d'œuvres pillées vers leur pays d'origine.

Un bilan très symbolique avant une probable accélération

Si la promesse initiale remonte à 2017, le bilan comptable reste modeste mais hautement symbolique. Neuf ans plus tard, les restitutions majeures se comptent encore sur les doigts d'une main.

En 2019, le Premier ministre de l'époque Edouard Philippe restituait lors d'une cérémonie le sabre d'El Hadj Omar au président sénégalais Macky Sall.

Des statues anthropomorphes en bois, dérobés par l'armée française au XIXe siècle en Afrique de l'Ouest exposées à Paris en 2021 avant restitution au Bénin
Des statues anthropomorphes en bois, dérobés par l'armée française au XIXe siècle en Afrique de l'Ouest exposées à Paris en 2021 avant restitution au Bénin AP Photo

En 2020-2021, 26 trésors royaux d'Abomey au Bénin ont été rendus au Bénin. Exposés au musée du Quai Branly-Jacques Chirac à Paris, ils ont repris le chemin de leur pays d'origine, 130 ans après avoir été volés par l'armée française.

Enfin en février 2026 la France a rendu à la Côté d'Ivoire le "tambour parleur" Djidji Ayokwe confisqué à Adjamé en 1916 par les autorités coloniales françaises.

Pour Emmanuel Macron, cette loi permettra que les échanges se poursuivent dans les années à venir. À un an de la fin de son mandat, le président français a également promis de continuer à défendre cette cause « sous d’autres habits », même après son départ du pouvoir l'année prochaine.

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