La justice soupçonne des dirigeants de Carris et de la société de maintenance pour homicides involontaires et violation des règles de sécurité. L'accident avait tué 16 personnes en septembre dernier.
La Police judiciaire a lancé ce vendredi matin une série de perquisitions liées à la tragédie du funiculaire de la Glória, à Lisbonne, qui a fait 16 morts et 22 blessés dans la soirée du 3 septembre 2025.
Selon plusieurs médias (source en portugais) au Portugal, la PJ enquête sur des cadres dirigeants de Carris, l’entreprise municipale de transports publics, et de MAIN, la société chargée de la maintenance de l’équipement, pour homicide par négligence et violation des règles de sécurité.
Au total, des perquisitions à domicile sont menées chez dix suspects, dans le cadre d’une opération mobilisant une vingtaine d’inspecteurs de la PJ, accompagnés du procureur Joaquim Morgado, qui coordonne la procédure pénale ouverte au sein du Département d’enquête et d’action pénale (DIAP) de Lisbonne.
L’enquête aurait mis au jour de « graves défaillances » au niveau des câbles, en particulier du système de freinage. Le ministère public va analyser les preuves recueillies et décider d’éventuelles poursuites.
Les conclusions de l’enquête mettent Carris en cause
Les premières conclusions du Bureau d’enquête sur les accidents ferroviaires (GPIAAF) avaient entraîné la démission du président de Carris peu après la tragédie. Selon ces premières conclusions, le système de freinage d’urgence ne se déclenchait pas en cas de rupture des câbles, ce qui s’est produit.
Ce funiculaire, véritable carte postale de Lisbonne utilisé chaque jour par des centaines de Lisboètes et de touristes, a fini par dévaler la Calçada da Glória en roue libre à grande vitesse, avant de dérailler et de percuter violemment un mur.
Les rapports préliminaires établis à l’époque ont révélé que le câble était rongé dans une zone dissimulée par un bloc mécanique, ce qui était impossible à détecter lors des inspections réalisées, qui étaient purement visuelles.
Ce n’était pas la seule conclusion accablante des investigations du GPIAAF, selon lesquelles le câble n’était pas certifié pour être utilisé sur ce type de transport. L’entreprise aurait choisi une solution meilleur marché.
La tragédie a remis en cause le choix de Carris de confier la maintenance de l’équipement à un prestataire externe.