Europol alerte sur l’évolution rapide du crime organisé dans l’Union européenne, désormais de plus en plus sophistiqué, transnational et résilient.
Dans son dernier point de situation, (source en anglais), l’agence européenne de police souligne que 731 réseaux criminels actifs ont été identifiés sur le territoire de l’UE, représentant plus de 400 000 membres issus de 118 nationalités différentes.
Leurs activités restent dominées par le trafic de drogue, suivi de la fraude et de la fraude en ligne, un champ d’action qui continue de s’étendre avec la montée en puissance du numérique. Europol insiste en particulier sur l’explosion de la cybercriminalité, devenue un vecteur central de ces organisations.
« Tout le crime est nourri en ligne, accéléré par l’IA et la technologie », a déclaré Jürgen Ebner, directeur exécutif par intérim d’Europol, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Selon lui, ces réseaux s’appuient sur des moyens financiers importants, des méthodes de plus en plus sophistiquées et des niveaux élevés de corruption, tout en fonctionnant comme des cellules internationales interconnectées au sein de l’UE et au-delà.
Les organisations criminelles exploitent également les failles des systèmes financiers et du commerce mondial. Europol souligne par ailleurs que 85 % des réseaux les plus menaçants utilisent des structures économiques légales pour faciliter leurs activités illégales, brouillant ainsi la frontière entre économie formelle et criminalité organisée.
Un modèle criminel à démanteler plutôt qu’à seulement sanctionner
Dans ce contexte, l’agence estime que la seule arrestation d’individus ne suffit pas. Tant que le modèle économique reste intact, d’autres acteurs prennent rapidement le relais.
« Notre objectif n’est pas seulement d’arrêter des individus, mais de démanteler les réseaux criminels, de cibler leurs structures de commandement et de les priver de leurs actifs et de leurs profits », a rappelé Themistos Arnaoutis, chef de la police chypriote.
Europol appelle ainsi à renforcer la coordination au sein des grands hubs logistiques européens, notamment à travers des dispositifs comme l’Alliance portuaire, un partenariat public-privé lancé en 2024 pour lutter contre l’infiltration criminelle dans les ports et le trafic de drogue.
L’agence recommande enfin de renforcer la coopération policière transfrontalière, d’investir davantage dans la neutralisation des infrastructures numériques criminelles et d’intensifier le suivi des flux financiers afin de récupérer les avoirs issus d’activités illégales. « La force des réseaux criminels réside dans leur capacité à opérer au-delà des frontières. Notre force doit donc résider dans notre capacité à travailler au-delà de celles-ci », a conclu Themistos Arnaoutis.