Très tôt ce lundi, les sirènes d'alerte ont retenti dans une partie de Chypre, pour marquer le 52e anniversaire du début de l'invasion de l'île par la Turquie. Le président de la République de Chypre a rendu hommage à ceux qui ont donné leur vie en 1974 pour protéger le pays.
Depuis lundi matin, les autorités politiques et institutionnelles de Chypre et de la Grèce adressent des messages de mémoire et montrent qu’elles n’oublient pas ce qui s’est passé il y a 52 ans.
Le cessez-le-feu conclu quelques jours après le 20 juillet 1974 fut temporaire. En août, la deuxième phase de l’opération, baptisée « Attila II », s’ensuivit ; au cours de celle-ci, les forces turques étendirent leur contrôle de la partie nord de l’île, toujours occupée par Ankara aujourd'hui.
Des organisations internationales, dont les Nations unies, ont parfois mis en évidence des violations liées au déplacement de populations et à la colonisation.
Le communiqué du ministère grec des Affaires étrangères
« Cinquante-deux ans se sont écoulés depuis l’invasion turque du 20 juillet 1974, qui a entraîné l’amputation territoriale de la République de Chypre et le drame toujours en cours de milliers de disparus, de déplacés et de personnes restées enclavées, en violation de toute notion de droit international.
La Grèce s’incline devant la mémoire des morts et exprime son respect et sa gratitude envers tous ceux qui ont défendu avec courage et abnégation la Grande Île.
La question chypriote demeure, à ce jour, un problème international d’invasion et d’occupation illégales d’un État membre de l’UE et de l’ONU.
En étroite convergence avec la République de Chypre, la Grèce demeure attachée à la recherche d’une solution globale, mutuellement acceptable, fondée sur une fédération bizonale et bicommunautaire, avec égalité politique entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs, une seule personnalité internationale, une seule souveraineté et une seule citoyenneté, dans le cadre fixé par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et conformément à l’acquis européen ainsi qu’aux principes et valeurs de l’UE.
La Grèce reste prête et continuera à contribuer de manière constructive aux prochaines étapes des efforts en cours du secrétaire général de l’ONU, afin de relancer les négociations sur la base du cadre convenu, sous l’égide des Nations unies.
Le règlement de la question chypriote, dans le cadre des paramètres définis par le Conseil de sécurité des Nations unies, la réunification de la Grande Île et la fin de l’occupation d’une partie du territoire d’un pays membre de l’UE demeurent une priorité de tout premier ordre ».
Depuis 1974, le pays est coupé en deux et les négociations entre les parties grecque et turque sont au point mort. Chypre est le seul État membre de l’Union européenne dont une partie du territoire est sous occupation.
Juridiquement, toute l'île fait partie de l'UE et Bruxelles espère une reprise des négociations pour régler ce conflit gelé.