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Canicules : les guides touristiques en première ligne

Un groupe de touristes marche lors d'une visite guidée à Prague, en République tchèque, le mercredi 5 juillet 2023.
Un groupe de touristes marche lors d'une visite guidée à Prague, République tchèque, le mercredi 5 juillet 2023. Tous droits réservés  Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved
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Par Amandine Hess
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L'été dernier, un guide de 56 ans meurt au Colisée à Rome après s'être effondré en pleine visite sous une chaleur écrasante.

Rester debout huit heures par jour sur un site archéologique sans ombre ou assurer une visite guidée en ville sous plus de 40 °C : en pleine saison estivale, alors que l’Europe fait face à des températures record, les guides touristiques sont en première ligne face aux vagues de chaleur et alertent sur leurs conditions de travail.

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L'été dernier, Giovanna Maria Giammarino, guide italienne de 56 ans, est décédée après s'être effondrée alors qu'elle faisait visiter le Colisée, à Rome, sous une chaleur écrasante.

À la suite de son décès, les associations italiennes de guides touristiques Federagit et AGTA ont réclamé des réformes, comme une mise à jour des protocoles estivaux dans le secteur du tourisme culturel. Mais le problème persiste, bien au-delà des frontières italiennes.

Annulations impossibles

"Cet après-midi, nous sommes allés à Pérouges, petite cité médiévale au nord-est de Lyon, et il fait plus de 40 °C en plein soleil, c'est assez compliqué", raconte Gabriel Quentin-Gerbault.

Si les guides touristiques indépendants d’annuler ou de reporter la visite en cas de fortes chaleur, pour ceux qui travaillent pour des intermédiaires, la marge de manœuvre est souvent plus limitée, les excursions étant parfois réservées longtemps à l’avance.

"La plupart du temps, nous travaillons pour une agence, un tour-opérateur ou une compagnie de croisières. Cela peut être très varié. Et ce sont eux qui décident, très clairement. Et la plupart du temps, ce n'est pas annulé, mais ça arrive", explique Gabriel.

Plutôt que d'annuler une visite, certains de ses collègues ont par exemple demandé à leurs employeurs de transformer une visite à vélo en visite en bus, ou de remplacer une visite à pied de la ville par la découverte d'un musée climatisé.

Gabriel estime que ces aménagements vont aussi dans l'intérêt des visiteurs, puisque la plupart de ses clients ont plus de 60 ans et que certains supportent mal la chaleur.

Horaires élargis

Parallèlement, alors que le Royaume-Uni s'apprête à connaître l'été le plus chaud jamais enregistré, Themis Halvantzi-Stringer, guide dans la capitale britannique et membre Fédération européenne des associations de guides touristiques, qui représente quelque 60 000 guides professionnels, estime que les sites devraient élargir leurs horaires d'ouverture pour permettre des visites tôt le matin et en soirée, lorsque les températures sont les plus fraîches.

"En Grèce, de nombreux musées et sites en plein air ouvrent très tôt le matin et restent ouverts jusqu'à 8 ou 9 heures du soir. Les gens peuvent ainsi visiter à des moments plus agréables plutôt qu'en plein soleil à la mi-journée", explique t-elle.

Themis Halvantzi-Stringer encourage également les musées et les sites à installer des abris pour permettre aux groupes d'attendre à l'ombre, que ce soit dans les files d'entrée ou lors des arrêts pour les explications.

Parmi les autres solutions figurent la distribution de bouteilles d'eau, l'augmentation du nombre de fontaines publiques et l'installation de brumisateurs pour rafraîchir les visiteurs.

Alors que les vagues de chaleur devraient devenir plus intenses et plus fréquentes en raison du changement climatique, les visiteurs pourraient aussi privilégier un séjour en mai ou en septembre plutôt qu'en plein cœur de l'été.

"Nous allons devoir repenser nos modes de consommation", affirme Gabriel Quentin-Gerbault, "et cela vaut aussi pour le tourisme".

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