La Commission européenne veut passer de la réaction à la prévention des catastrophes climatiques, mais le financement de l'adaptation reste un défi.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a averti que l'Union européenne doit adapter ses systèmes de protection civile à un monde où les situations d'urgence sont de plus en plus fréquentes, simultanées et graves, alors que la saison des feux de forêt exceptionnellement précoce a mis les services nationaux de lutte contre les incendies sous une pression croissante.
"Nous devons nous préparer à un monde où les événements extrêmes se produisent plus souvent, dans davantage d'endroits et en même temps", a déclaré Ursula von der Leyen ce lundi 31 août depuis le Centre européen de réaction d'urgence, un service du département de la protection civile de la Commission.
La cheffe de l'exécutif européen a reconnu que la nature des catastrophes évolue, le changement climatique rendant les phénomènes météorologiques extrêmes plus instables, tandis que les crises peuvent de plus en plus se produire simultanément et dépasser les capacités de pays pris isolément.
Ursula von der Leyen a également souligné l'ampleur de la réponse aux feux de forêt cet été, rappelant que le mécanisme de protection civile de l'Union a été activé à dix reprises pour des incendies depuis le mois d'avril.
Près de 800 pompiers ont été prépositionnés dans les zones à haut risque, tandis que des équipes de 25 pays ont été déployées pendant l'été, alors que quatre vagues de chaleur ont été enregistrées en Europe depuis le mois de mai.
La commissaire à l'Aide humanitaire et à la gestion des crises, Hadja Lahbib, qui s'exprimait aux côtés d'Ursula von der Leyen, a indiqué qu'environ 300 000 personnes avaient été évacuées cet été en raison des feux de forêt. "Nous avons une bonne stratégie, mais nous devons intensifier nos efforts, car le changement climatique ne frappe pas à la porte, il est déjà dans la pièce. Il est à l'intérieur de l'Europe et, malheureusement, nous sommes le continent qui se réchauffe le plus vite", a-t-elle souligné.
D'où vient l'argent ?
Plus de 600 000 hectares ont brûlé dans l'UE cette année, selon la Commission, soit plus du double de la moyenne des deux dernières décennies.
Face à des catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes, Ursula von der Leyen a affirmé qu'il ne suffit plus de mobiliser des ressources une fois que les feux, les inondations ou les séismes frappent. L'Union veut tirer les leçons de chaque crise pour améliorer la préparation et intervenir plus tôt.
Mais les gouvernements européens sont soumis à une forte pression pour réduire leurs dépenses, la tension montant à mesure que reprennent les discussions sur le budget pluriannuel proposé pour 2027-2034, que l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède cherchent à réduire.
Dans un entretien récent avec Euronews, le commissaire à l'Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a reconnu la contrainte budgétaire mais a maintenu que l'investissement en amont coûte moins cher que le paiement répété des dégâts liés au climat. "Toutes les données montrent que réaliser les investissements en amont revient beaucoup moins cher que de subir des incendies, des inondations, puis de payer les dégâts. C'est bien plus coûteux", a-t-il déclaré.
Menaces hybrides : l'UE est-elle prête ?
Dans le même temps, l'approche européenne en matière de protection civile évolue progressivement, passant de la préparation à des catastrophes isolées à la planification de crises multiples se déroulant simultanément.
Les inondations, les feux de forêt et autres phénomènes météorologiques extrêmes côtoient désormais les cyberattaques, le sabotage d'infrastructures critiques comme l'énergie ou les hôpitaux, ainsi que d'autres menaces "hybrides" qui peuvent perturber la vie quotidienne sans prendre la forme d'une attaque militaire conventionnelle.
Ces derniers temps, des commissaires européens issus des pays du flanc Est ont exhorté Ursula von der Leyen à agir de toute urgence face à la montée des menaces russes visant les États baltes, notamment en créant un nouveau coordinateur de haut niveau pour la région.
En mars 2025, Hadja Lahbib avait mis en garde sur la nécessité de renforcer la coordination, les réserves d'urgence et la résilience de la population, en prévoyant notamment des conseils pour que les ménages puissent se débrouiller seuls pendant au moins 72 heures.