Les adresses e-mail de 143 personnes affirmant avoir été victimes d'abus sexuels de la part de l'ancien propriétaire de Harrods, décédé en 2023, ont été rendues visibles à d'autres destinataires en raison d'une "erreur humaine".
La police londonienne a présenté ses excuses après avoir accidentellement dévoilé les adresses e-mail de personnes ayant témoigné ou signalé des violences sexuelles commises par Mohamed Al Fayed.
La police a invoqué une "erreur humaine" : des agents ont envoyé un courriel mensuel d’information aux victimes, dans lequel les adresses e-mail de 143 personnes étaient visibles par les autres destinataires au lieu d’être masquées. Plusieurs autres destinataires ont également reçu le message.
Un collectif représentant des victimes a qualifié l’incident de "consternant".
Dans un communiqué, la Metropolitan Police a indiqué que "le problème a été identifié rapidement et des mesures immédiates ont été prises", précisant que toutes les personnes concernées avaient été contactées.
La police a présenté ses excuses et assuré que "l’incident fait l’objet d’une enquête prioritaire", ajoutant que ses procédures seraient réexaminées afin d’éviter qu’une violation similaire ne se reproduise.
La "Met" a également signalé elle-même l’incident à l’Information Commissioner’s Office (ICO), le régulateur britannique chargé de la protection des données.
Mohamed Al Fayed : qui était-il ?
Né en Égypte, Mohamed Al Fayed était notamment connu comme le milliardaire propriétaire de l’hôtel Ritz, à Paris, du club de football de Fulham et du célèbre grand magasin londonien Harrods. Il était également le père de Dodi Al Fayed, mort en 1997 dans un accident de voiture aux côtés de la princesse Diana.
Après sa mort en 2023, à l’âge de 94 ans, des centaines de femmes ont accusé Mohamed Al Fayed de viols, d’agressions sexuelles et de traite d’êtres humains. Une grande partie des faits allégués remonte à la période durant laquelle il était propriétaire de Harrods.
Même si plusieurs plaintes avaient été déposées contre lui avant sa mort, aucune charge n’a jamais été retenue à son encontre.
Plus tôt ce mois-ci, au moins cinq femmes affirmant avoir été victimes de Mohamed Al Fayed ont été officiellement reconnues par le Home Office britannique comme victimes d’esclavage moderne.
La Metropolitan Police poursuit son enquête sur les accusations visant Al Fayed, mais aussi sur les personnes qui auraient pu faciliter ses agissements. À ce jour, six personnes ont été entendues, mais aucune arrestation n’a été effectuée.