Un appareil russe aurait pénétré jeudi après-midi dans le ciel finlandais, dans l'ouest du golfe de Finlande, selon le ministère de la Défense.
Le ministère finlandais de la Défense a indiqué jeudi soir soupçonner un appareil russe d’avoir violé l’espace aérien du pays plus tôt dans la journée.
"Chaque violation présumée de l’espace aérien est prise très au sérieux", a déclaré le ministre de la Défense, Antti Häkkänen, dans un communiqué. "Une enquête est en cours."
La Finlande, qui partage une frontière de 1 340 kilomètres avec la Russie, a déjà été confrontée à plusieurs incidents de ce type.
En mai, puis en juin, Helsinki avait soupçonné deux avions militaires russes d’avoir pénétré dans son espace aérien et convoqué à chaque fois le chargé d’affaires russe.
En janvier, le chef du renseignement militaire finlandais avait par ailleurs averti que le risque de voir des drones dériver vers la Finlande en raison de la guerre en Ukraine était en hausse.
Le général de division Pekka Turunen, qui dirige le renseignement militaire finlandais (FDI), s’exprimait avant la publication, jeudi, d’un rapport actualisant l’évaluation de la situation sécuritaire du pays.
Parmi les principales préoccupations soulevées dans le rapport figure le risque de voir des drones à longue portée dériver vers la Finlande.
"Le risque qu’un drone dérive vers l’espace aérien ou le territoire finlandais augmente constamment, à mesure que l’Ukraine mène des frappes dans cette zone proche du golfe de Finlande", a expliqué Pekka Turunen.
La situation sécuritaire de la Finlande s’est dégradée depuis le lancement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022. Le renseignement militaire souligne toutefois qu’elle est restée globalement inchangée par rapport à l’an dernier.
À la suite de cette invasion, le pays nordique a rompu avec des décennies de non-alignement militaire et demandé à rejoindre l’OTAN, dont il est devenu membre en avril 2023.
Alerte maximale
L’ensemble de l’Europe est en état d’alerte renforcée après une série d’incursions de drones dans l’espace aérien de l’OTAN, d’une ampleur inédite en septembre dernier. Ces incidents ont poussé les dirigeants européens à s’accorder sur la mise en place d’un "mur antidrones" le long de leurs frontières, afin de mieux détecter, suivre et intercepter les appareils qui violent l’espace aérien européen.
En novembre, des responsables militaires de l’OTAN ont indiqué qu’un nouveau système américain de lutte antidrones avait été déployé sur le flanc oriental de l’Alliance.
À la suite d’une violation de l’espace aérien polonais, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a également annoncé la création du programme Eastern Sentry, destiné à dissuader de nouvelles incursions russes.
Plus tôt jeudi, un F-16 roumain a détruit un drone maritime chargé d’explosifs à proximité du plus grand projet gazier offshore d’Europe, quelques heures seulement après qu’un autre drone a pénétré dans l’espace aérien du pays avant de s’écraser près de la frontière ukrainienne.
Certains responsables européens ont décrit ces incidents comme un test de la réaction de l’OTAN par Moscou, soulevant des interrogations sur le degré de préparation de l’Alliance face à d’éventuelles menaces russes.
Le Kremlin a rejeté comme "infondées" les accusations attribuant à la Russie certains vols de drones non identifiés au-dessus de l’Europe.