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Catastrophes climatiques : le Commissaire au climat appelle l’UE à investir davantage dans la prévention

Wopke Hoekstra, commissaire européen au Climat et à la Croissance verte, a prononcé le discours d'ouverture de la 15e conférence d'Insurance Europe, le 5 juin 2025.
Wopke Hoekstra, commissaire européen au climat, prononce le discours d'ouverture de la 15e conférence d'Insurance Europe, le 5 juin 2025 Tous droits réservés  CE - Service audiovisuel Photographer: Nicolas Landemard
Tous droits réservés CE - Service audiovisuel Photographer: Nicolas Landemard
Par Marta Pacheco
Publié le Mis à jour
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Face à l’intensification des incendies, inondations et autres évènements extrêmes, Wopke Hoekstra, commissaire européen chargé de l’Action, pour le climat exhorte l’UE à mieux anticiper les risques.

L’UE doit investir davantage dès maintenant pour se prémunir contre des catastrophes climatiques de plus en plus graves, avertit Wopke Hoekstra, commissaire européen chargé de l’Action pour le climat.

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"Toutes les données montrent que réaliser les investissements en amont revient bien moins cher que d'être frappé par des incendies, frappé par des inondations puis de payer les dégâts. Cela coûte tout simplement beaucoup plus cher", a affirmé le responsable européen dans Europe Today.

Qualifiant l’été de "dramatique", le commissaire néerlandais a souligné que l’UE était mieux préparée que l’an dernier, avec davantage de pompiers, d’avions et d’hélicoptères mobilisés. Une capacité renforcée qui n’a toutefois pas permis de réduire sensiblement l’ampleur des destructions.

Une superficie équivalente à deux fois le Luxembourg a été ravagée par les flammes, tandis que le coût économique des incendies est estimé entre 50 et 70 milliards d’euros, voire davantage. L’Espagne et la France ont perdu des milliers d’hectares et au moins 14 secouristes ont trouvé la mort en combattant les feux.

Face à l’intensification de ces phénomènes, Wopke Hoekstra plaide pour une refonte en profondeur de la manière dont les infrastructures sont conçues et reconstruites. Un pont détruit par une crue devrait, par exemple, être rebâti de manière à résister à la suivante, plutôt que simplement remplacé à l’identique.

Comment financer l’adaptation climatique ?

Interrogé par Euronews sur les sommes nécessaires à cette adaptation, le commissaire n’a avancé aucun montant, mais a laissé entendre que l’essentiel du financement continuerait de reposer sur les budgets nationaux.

"La réalité, c'est que nous devons être beaucoup plus précis et faire plusieurs choses en même temps. Cela signifie que nous avons besoin, pour l'ensemble de l'Union, de la même évaluation des types d'impacts auxquels nous allons être confrontés", a déclaré Wopke Hoekstra.

"Nous devons être parfaitement clairs sur qui est responsable de quoi : ce qui relève des autorités locales, ce qui relève des autorités régionales, des gouvernements nationaux et de l'échelon européen."

Cet effort intervient toutefois dans un contexte budgétaire contraint. Plusieurs gouvernements européens cherchent à contenir leurs dépenses alors que reprennent les négociations sur le prochain budget pluriannuel de l’UE pour 2027-2034. L’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède figurent notamment parmi les pays qui souhaitent en limiter l’ampleur.

Wopke Hoekstra reconnaît ces contraintes, mais maintient que les investissements réalisés en amont coûteront moins cher que la réparation répétée des dégâts provoqués par les catastrophes climatiques. Il rejette également l’idée selon laquelle l’action climatique se ferait nécessairement au détriment de la compétitivité économique.

"Il n'y a pas de solution facile et il n'y a pas d'alternative au maintien de notre ambition climatique", a ajouté le commissaire, au terme d’un été marqué par des incendies et des vagues de chaleur dévastateurs. Selon la plateforme européenne de surveillance de la mortalité, qui recueille des données dans 23 pays, ces épisodes auraient entraîné une surmortalité d’au moins 30 000 personnes.

Réduire la dépendance énergétique de l’UE

Pour le commissaire, l’Europe doit ainsi poursuivre simultanément trois objectifs : accélérer son action climatique, préserver sa compétitivité et renforcer son indépendance. Une stratégie qui suppose de mener à bien la transition verte tout en réduisant la dépendance européenne aux technologies propres chinoises. Wopke Hoekstra cite notamment la Finlande, le Danemark et la Suède comme exemples de pays où politique climatique et compétitivité économique peuvent se renforcer mutuellement.

"Il est impératif de lier étroitement l'action climatique à la compétitivité et à l'indépendance", a-t-il insisté.

Cette recherche d’autonomie est également indissociable, selon lui, de la vulnérabilité énergétique de l’Europe. Une fragilité particulièrement visible dans un contexte d’incertitudes autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux et dont la situation peut avoir des répercussions sur les prix de l’énergie à l’échelle internationale.

À plus long terme, Wopke Hoekstra estime qu’une transition climatique réussie permettra ainsi de renforcer la souveraineté économique de l’UE.

"À moyen terme, de loin notre meilleure option est de passer à un système énergétique complètement différent, et c'est là que l'argent doit aller", a-t-il déclaré.

L'UE ne peut, selon lui, continuer à dépendre massivement des combustibles fossiles importés. Le commissaire rappelle que l’Union importe environ 80 % du gaz et 95 % du pétrole qu’elle consomme, une situation qui lui laisse, selon ses termes, "un très mauvais jeu".

Pour en sortir, il préconise de renforcer la production énergétique européenne en développant davantage le nucléaire, le solaire et l’éolien, parallèlement à une accélération de l’électrification.

À plus court terme, Wopke Hoekstra appelle également les États membres à poursuivre le remplissage de leurs réserves de gaz. Les stocks européens se situent actuellement autour de 62 %, leur niveau le plus bas depuis 2011. L’UE doit, selon lui, se préparer à l’éventualité de stocks insuffisants conjugués à un hiver rigoureux, un scénario que "personne ne peut se permettre".

"Notre gaz provient principalement des États-Unis et de la Norvège. Cela rend les choses un peu plus simples, mais il s'agit bien sûr d'un marché mondial, donc il y a une course pour ce gaz qui pourrait aussi nous être destiné", a conclu Wopke Hoekstra.

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