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Saxe-Anhalt: l'AfD en fin de campagne lors d'une fête à Magdebourg

Ulrich Siegmund lors de la "fête familiale" de l'AfD à Magdebourg, en Saxe-Anhalt, le 04/09/2026
Ulrich Siegmund participe au "festival de la famille" de l'AfD à Magdebourg (Saxe-Anhalt), le 4 septembre 2026 Tous droits réservés  Donogh McCabe/Euronews
Tous droits réservés Donogh McCabe/Euronews
Par Donogh McCabe & Laura Fleischmann
Publié le Mis à jour
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Saxe-Anhalt : Ulrich Siegmund, 35 ans, espoir de l'AfD, rassemble 10 000 personnes lors d'un meeting pour une entrée au gouvernement

Des dizaines de mètres de file d’attente pour une photo avec lui : Ulrich Siegmund, tête de liste de l’AfD. À 35 ans, il se présente pour le parti aux élections régionales en Saxe-Anhalt dimanche. L’AfD en Saxe-Anhalt est classée comme clairement d’extrême droite par le service régional de protection de la Constitution, une division du ministère de l’Intérieur dirigé par la CDU. Siegmund est le jeune prodige de l’AfD à l’Est.

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"Je veux enfin refaire de la politique pour notre propre pays", explique Siegmund à Euronews. Il veut réorganiser la politique migratoire. Des fonds doivent être libérés, ceux "qui sont actuellement distribués dans le monde, pour des personnes qui sont ici illégalement, qui commettent ici des délits". Il veut une politique "dans notre propre intérêt, pour notre propre pays".

Dans ses cent premiers jours en fonction, Siegmund prévoit d’introduire une "obligation de travail pour les demandeurs d’asile", dit-il. Les permis de conduire pour les véhicules des pompiers et la mise en berne des drapeaux dans les écoles figurent aussi en tête de sa liste. "Bien sûr, ce n’est pas une énorme révolution, mais ce sont les premiers pas concrets grâce auxquels on voit les premiers progrès dans tous les domaines de cette société." Ce qui a été détruit prendra quelques années à reconstruire, poursuit le responsable de l’AfD.

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Ici, lors du "Familienfest", comme l’appelle l’AfD, près du centre-ville de Magdebourg, des milliers de personnes acclament et célèbrent leur "Ulli". Son effigie s’affiche sur de nombreux T-shirts et pancartes. Les cris "Wir sind das Volk" traversent sans cesse la foule. Certains soutiens de l’AfD scandent aussi "Wir sind die Wende". Entre-temps, des musiciens montent sur scène ou des beats techno résonnent depuis les enceintes.

Le parti a sorti l’artillerie lourde : ses responsables les plus connus chauffent la foule, parmi eux le Thuringeois Stephan Brandner, élu AfD, et le coprésident du parti Tino Chrupalla. Dès que les orateurs mentionnent la CDU, le SPD ou d’autres partis, la foule hue et siffle. Certains crient "Pfui".

Les visiteurs espèrent un virage à 180 degrés de la politique régionale en Saxe-Anhalt, mené par Siegmund. "Je suis pour l’AfD et j’adore Ulrich. Dès qu’on a fait toutes sortes de choses, viol, coups de couteau, on ne peut pas vivre ici, il faut partir, et c’est lui qui s’en charge. C’est déjà bien", explique Gerda à Euronews. Cette retraitée est venue spécialement de Berlin. Elle voulait enfin assister en personne à un événement de l’AfD. Elle en a déjà regardé plusieurs sur YouTube. Gerda ne s’appelle en réalité pas ainsi. Elle ne souhaite pas donner son vrai nom, comme beaucoup de participants. La peur de possibles conséquences est trop grande.

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Même les averses soudaines n’empêchent pas ses fans d’attendre l’apparition de Siegmund. Pour eux, tout se joue : pour la première fois, l’AfD pourrait gouverner au niveau d’un Land, comme membre d’une coalition ou peut-être même seule.

Responsable de la CDU: coopérer avec l’AfD serait la fin de l’Union

Selon les derniers sondages de la Forschungsgruppe Wahlen pour la chaîne ZDF, l’AfD est actuellement créditée d’environ 41 % des intentions de vote. La CDU arrive loin derrière, en deuxième position, avec 23 %, Die Linke en troisième avec 11,5 %. Lors du précédent scrutin, en 2021, l’AfD n’avait obtenu que 20,8 %. La CDU l’avait alors largement emporté avec 37,1 %.

Cette fois, l’AfD espère remporter le scrutin. Mais cela pourrait ne pas suffire pour former un gouvernement régional. Pour gouverner seule, l’AfD pourrait manquer de voix. Elle refuse une coalition avec la CDU. La CDU exclut elle aussi toute alliance. Elle a adopté une résolution d’incompatibilité.

Dennis Radtke, président du courant des salariés de la CDU (CDA), met en garde contre la disparition de son parti s’il devait s’allier à l’AfD en Saxe-Anhalt. "Au moment où nous collaborerons avec ce parti, où nous le placerons aux responsabilités, la CDU est fichue", a déclaré Radtke dans l’émission de ZDF "Maybrit Illner".

Seul le BSW pourrait envisager de tolérer un gouvernement AfD, c’est-à-dire soutenir par ses voix une AfD gouvernant seule. Mais le BSW est actuellement donné à 4 % dans les sondages et pourrait donc échouer à franchir la barre des 5 %. Le SPD et les Verts ont eux aussi été ces dernières semaines des cas limites, juste en dessous de ce seuil. Ils sont désormais remontés à 8,5 % et 6 %, en gagnant du terrain.

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Tête de liste de Die Linke optimiste

En Saxe-Anhalt, les résultats actuels des sondages laissent présager, après le vote, un casse-tête pour former un gouvernement. Une coalition AfD-CDU paraît exclue. Une alliance CDU-Die Linke comme base d’un gouvernement majoritaire avec le SPD et les Verts semble pour l’instant tout aussi irréaliste, car au sein de l’Union (CDU/CSU), une résolution d’incompatibilité s’applique également au parti de gauche.

Il y a quelques jours, le chancelier fédéral Friedrich Merz (CDU) déclarait : "Autant avec l’AfD qu’avec le parti de gauche, les différences avec l’Union sont si fondamentales qu’une coopération est exclue", a-t-il confié à la "Magdeburger Volksstimme" et à la "Mitteldeutschen Zeitung".

L’atmosphère au Landtag a profondément changé ces dernières années, explique à Euronews Eva von Angern, figure de proue de Die Linke. Elle siège au parlement régional de Saxe-Anhalt depuis 2002. "Le climat est très hostile aux femmes. La haine et l’agitation, c’est ce qui caractérise une séance du Landtag." Et cela a désormais gagné la société et les réseaux sociaux.

Malgré les projections actuelles, elle regarde le jour du vote avec "optimisme", explique la responsable de Die Linke. Elle est "convaincue" que l’AfD ne parviendra pas à former seule un gouvernement en Saxe-Anhalt. "Les gens ont compris. Ils veulent se battre pour la diversité en Saxe-Anhalt".

À notre propos : regardez aussi le dernier reportage exclusif d’Euronews !

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