Le Premier ministre Ulf Kristersson a démissionné, ouvrant la voie à des consultations formelles du président du Parlement avec les dirigeants des différents partis.
Le bloc de centre gauche a remporté une courte majorité au Parlement suédois à l’issue d’élections législatives particulièrement serrées.
Menée par Magdalena Andersson et son Parti social-démocrate, l’alliance réunit aussi le Parti de gauche, les Verts et le Parti du centre. Ensemble, ces quatre partis ont 176 sièges sur 349 au Riksdag, soit trois sièges de plus que la majorité nécessaire, face au bloc de droite du Premier ministre sortant, Ulf Kristersson.
Après le décompte final, l’écart entre les deux camps est resté très faible : environ 50 000 voix les séparent à l’échelle nationale.
Pour Magdalena Andersson, l’étape la plus délicate commence désormais : former un gouvernement avec les autres partis de son alliance. Les négociations s’annoncent difficiles en raison des divergences idéologiques au sein du bloc. Le Parti du centre a notamment indiqué qu’il ne soutiendrait pas un gouvernement accordant des postes ministériels au Parti de gauche, tandis que ce dernier réclame une participation au gouvernement.
Magdalena Andersson a déclaré que les électeurs avaient choisi "une nouvelle direction" pour la Suède.
Le Premier ministre sortant, Ulf Kristersson, a depuis démissionné. Toutefois, si Magdalena Andersson ne parvient pas à constituer un gouvernement capable de fonctionner, Kristersson pourrait à nouveau tenter de former une majorité alternative.
Ce dernier a indiqué qu’il respecterait les démarches entreprises par Andersson pour former un gouvernement, tout en lui souhaitant bonne chance face aux divisions qui traversent son alliance.
Comme cela arrive régulièrement en Suède lors de la formation de gouvernements de coalition, les négociations pourraient s’étendre sur plusieurs semaines. En 2022, elles avaient duré plus de cinq semaines, tandis qu’après les élections de 2018, près de 20 semaines avaient été nécessaires pour parvenir à un accord.
Un recul pour les partis des deux camps
Malgré la victoire du bloc de centre gauche, le Parti social-démocrate de Magdalena Andersson enregistre son pire résultat depuis plus d'un siècle, avec la perte de huit sièges et seulement 28 % des voix. Le Parti social-démocrate a dirigé le pays pendant la majeure partie du XXe siècle et reste le premier parti de Suède.
Le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède est lui aussi en recul. Pour la première fois depuis son entrée au Parlement en 2010, sa part des suffrages diminue, à 17,5 %, tandis qu’il perd 11 sièges.
Réactions internationales
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a salué ce résultat, y voyant une victoire de la social-démocratie et de l'État-providence.