Une semaine après le dépôt de plaintes pour négligence contre la Ville par l'association MeTooEcole et des familles de victimes, Emmanuel Grégoire a été auditionné par les sénateurs de la commission chargée de la prévention et du traitement des violences dans le périscolaire.
Après l'ancienne maire de Paris Anne Hidalgo, c'est au tour d'Emmanuel Grégoire de faire part de ses regrets sur le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire.
L'actuel maire de Paris était face au Sénat, mercredi 16 septembre, dans le cadre de la commission de prévention et traitement des violences dans le périscolaire. Face aux sénateurs, le maire a reconnu que la Ville avait pu "manquer de transparence".
La commission, dont les premiers entretiens ont eu lieu le 3 septembre, a trois objectifs : dresser une cartographie des violences périscolaires à l’échelle nationale, évaluer les modes de recrutement, de formation et de vérification des antécédents des adultes et identifier les failles actuelles dans le recueil de la parole de l’enfant ainsi que les angles morts empêchant une coordination efficace entre l’ensemble des acteurs.
Emmanuel Grégoire a commencé sa prise de parole en exprimant des "profonds regrets". "Personnels d'abord, ceux de la ville de Paris aussi, que je représente institutionnellement".
Le maire de Paris fait partie des responsables de la municipalité inclus dans une plainte collective portée par les familles victimes et l'association MeTooEcole pour "mise en danger délibérée d'autrui", "non-assistance à personne en danger" et "non-dénonciation d'infraction."
Il y est impliqué en tant que représentant de la municipalité mais aussi de manière personnelle. En 2015, lors de l'élargissement des compétences de la mairie de Paris sur le temps périscolaire mais aussi des premiers signalements contre le système de protection des enfants, Emmanuel Grégoire était premier adjoint aux ressources humaines.
Contactée par Euronews, la porte-parole de l'association MeTooEcole Barka Zerouali exprime la colère des parents après deux jours d'auditions des responsables et ex-responsables de la mairie de Paris.
"On a entendu des regrets, des explications et l’idée d’un « échec collectif » ; mais derrière ces mots, il y a des enfants et des familles qui attendent toujours que chacun assume sa part de responsabilité", rappelle Barka Zerouali. "À force de nous expliquer pourquoi le système a échoué, on finit presque par oublier la seule question qui compte : pourquoi a-t-on laissé ces failles perdurer aussi longtemps ?"
"Des familles attendent toujours que chacun assume sa part de responsabilité"
Contactée par Euronews, Barka Zerouali, porte-parole de l'association MeTooEcole, fait part de la colère des parents après deux jours d'auditions de responsables et d'anciens responsables de la mairie de Paris.
"On a entendu des regrets, des explications et l’idée d’un “échec collectif”. Mais derrière ces mots, il y a des enfants et des familles qui attendent toujours que chacun assume sa part de responsabilité", souligne Barka Zerouali.
"À force de nous expliquer pourquoi le système a échoué, on finit presque par oublier la seule question qui compte : pourquoi a-t-on laissé ces failles perdurer aussi longtemps ?"
La veille de l'audition d'Emmanuel Grégoire, le tribunal de Paris condamnait la première personne liée aux affaires de violences sur mineurs dans le cadre du périscolaire parisien révélées depuis le printemps 2025.
L'ancien animateur de 38 ans a été condamné mardi 15 septembre à cinq ans de prison, dont quatre avec sursis, pour des agressions sexuelles commises entre septembre 2022 et janvier 2024 sur neuf fillettes âgées de 5 à 10 ans. L'homme devrait voir sa peine aménagée sous bracelet electronique.
Selon le parquet de Paris, près de 235 enquêtes sont en cours dans des affaires concernant les violences physiques et sexuelles dans le périscolaire, qui concernent 184 établissements.