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L'IA transforme les universités et les métiers techniques qui doivent se remettre en question

Photo d’archives : cérémonie de remise de diplômes au lycée, États-Unis
Photo d’archive – cérémonie de remise de diplômes de lycée, États-Unis Tous droits réservés  AP Photo
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Par Symela Touchtidou
Publié le
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Les Universités sous sont pression face à l’IA : réformer, défendre la valeur du diplôme et répondre à l’essor des métiers techniques, c'est tout l'enjeu depuis le déploiement tous azimuts de cette technologie.

L'intelligence artificielle bouleverse de plus en plus le monde universitaire européen. Son adoption rapide modifie la façon dont les étudiants apprennent, effectuent leurs recherches et acquièrent des connaissances.

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Mais les inquiétudes dépassent largement le cadre des études. De nombreux jeunes s'interrogent désormais sur l'impact de l'IA sur leur avenir professionnel, alors que certains métiers considérés comme stables sont en pleine transformation.

Même des institutions prestigieuses comme Oxford sont confrontées à ces défis et cherchent à adapter leurs méthodes face à cette révolution technologique.

«Je comprends les inquiétudes et le scepticisme», a déclaré à euronews Sara Ratner, directrice de l’Observatoire de l’intelligence artificielle dans l’éducation (AI in Education Observatory) de l’université d’Oxford, qui participait à la conférence internationale "Future Skills Sphere – International Conference", organisée à Athènes par la Fondation Eugenides.

«L’enseignement supérieur traverse une période difficile, sur les plans économique et social, tout en s’interrogeant sur son rôle et sa pertinence à l’avenir. L’éducation avait besoin de réformes depuis de nombreuses années, par exemple dans la manière dont les étudiants sont admis, et l’intelligence artificielle n’est peut‑être pas la réponse, mais elle constitue sans doute l’impulsion dont nous avions besoin pour nous attaquer à ces grands enjeux.» dit elle.

Malgré ces changements, les universitaires insistent : le rôle des universités reste crucial.

«Même lorsque nous utilisons des outils d’intelligence artificielle, nous devons toujours être capables de comprendre la réponse, de formuler la bonne question et de savoir quand nous pouvons et quand nous ne pouvons pas recourir à l’intelligence artificielle. Si nous n’avons pas les connaissances de base que l’on acquiert à l’université, cela peut être très problématique. Cela peut même déboucher sur une baisse de productivité», souligne Stefanos Tyros, chercheur sur l’avenir du travail à l’université d’Innsbruck en Autriche.

Mais le débat ne porte pas seulement sur les universités, il concerne aussi les campus eux‑mêmes. L’enseignement à distance et les outils numériques amènent de nombreux établissements à se demander s’il a encore du sens de maintenir de vastes campus universitaires.

«À l’échelle internationale, on s’interroge sur la mesure dans laquelle les campus – qui occupent de grandes superficies, mais sont aussi très coûteux à entretenir – ont encore une valeur à une époque où la part de l’enseignement à distance augmente. Ils ont réellement une valeur lorsqu’ils soutiennent quelque chose de fondamental en éducation : la construction des relations humaines, la coopération, la créativité, qui n’est pas individuelle mais collective, le dialogue et la négociation des concepts, des valeurs, des savoirs», explique Dimitris Sampson, spécialiste des technologies numériques dans l’éducation à l’université du Pirée.

La montée des métiers techniques

Parallèlement, l’intelligence artificielle contribue à renforcer l’enseignement professionnel. L’Europe est confrontée à de graves pénuries de métiers techniques dans des secteurs clés comme l’industrie, le secteur maritime, la logistique et la construction.

«_L_es métiers évoluent», nous explique Spyros Troumpetas, responsable des programmes d’enseignement et de formation à la Fondation Eugenides.

«Je vais vous donner un exemple. Il y a plusieurs années, le travail du magasinier consistait simplement à prendre des produits dans un entrepôt et à les déplacer d’un endroit à un autre. Aujourd’hui, ce métier exige de maîtriser des logiciels et des systèmes de gestion d’entrepôt et d’entraîner des outils afin qu’ils effectuent le picking. Cela montre clairement que les métiers changent... Les professions techniques offrent d’excellentes rémunérations et de réelles perspectives d’évolution. Je ne vois aucune raison pour qu’un jeune ne réfléchisse pas sérieusement à une carrière dans des secteurs comme le maritime, la logistique ou la production agricole

Les nouvelles technologies améliorent non seulement les conditions de travail, mais aussi les salaires dans les métiers techniques.

Dans plusieurs pays, comme la Belgique, la rémunération des plombiers et des électriciens est désormais comparable à celle de professions universitaires traditionnelles, comme celle des médecins.

Le Future Skills Sphere – International Conference 2026 est le premier congrès international en Grèce consacré à l’avenir des compétences, de la formation et de l’apprentissage tout au long de la vie, et il a été organisé par l’institut de formation de la Fondation Eugenides.

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