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Les îles Canaries s'opposent à Madrid et déclarent qu'un navire transportant un hantavirus ne peut pas accoster

Vue du navire de croisière MV Hondius ancré dans le port de Praia, Cap-Vert, le lundi 4 mai 2026.
Vue du navire de croisière MV Hondius ancré dans le port de Praia, Cap-Vert, le lundi 4 mai 2026. Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved
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Par Maria Muñoz Morillo & Rafael Salido
Publié le Mis à jour
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Les îles Canaries rejettent la décision du gouvernement espagnol de transférer sur leur territoire un navire de croisière touché par une épidémie d'hantavirus, tandis que les autorités sanitaires coordonnent une évacuation médicale depuis le Cabo Verde. Les autorités sud-africaines ont détecté la variante andine, qui est contagieuse entre humains.

Le président des îles Canaries, Fernando Clavijo, a rejeté mercredi la décision du gouvernement espagnol d'amener le navire de croisière MV Hondius dans l'archipel.

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Le navire, affecté par une épidémie d'hantavirus à bord, est actuellement ancré au large de Praia, la capitale du Cabo Verde. Le navire devrait accoster à Tenerife dans trois jours.

"Il s'agit d'une improvisation du gouvernement espagnol", a déclaré M. Clavijo lors d'une interview à la radio espagnole, dans laquelle il a assuré qu'il n'y avait pas suffisamment d'informations sur l'étendue de l'épidémie. "Nous n'avons pas de rapport médical sur le nombre de patients infectés", a-t-il ajouté.

Le président canarien a demandé une réunion urgente avec le président espagnol Pedro Sánchez pour lui demander de reconsidérer la décision d'amener le navire dans les îles.

M. Sánchez a convoqué une réunion sur la crise de l'hantavirus, à laquelle participeront le ministre de l'intérieur, Fernando Grande-Marlaska, la ministre de la santé, Mónica García, le ministre des transports, Óscar Puente, et le ministre de la politique territoriale, Ángel Víctor Torres.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que 147 passagers et membres d'équipage se trouvaient à bord du navire et que, pour l'instant, sept cas liés à l'épidémie ont été identifiés : deux confirmés en laboratoire et cinq suspects.

Le bilan fait état de trois décès, d'un patient dans un état critique et de trois personnes présentant des symptômes bénins. Les autorités sud-africaines ont détecté la variante andine chez plusieurs des personnes infectées, une variante qui se transmet entre humains.

Le secrétaire général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que, sur la base des informations actuelles, l'organisation internationale "estime que le risque pour la population générale est faible".

M. Clavijo a également remis en question la décision du gouvernement espagnol, prise en coordination avec l'OMS et l'Union européenne, d'amener le navire aux îles Canaries.

"C'est le gouvernement espagnol qui décide de l'emmener aux îles Canaries (...) Pourquoi ne peuvent-ils pas être traités à Praia ?

L'OMS a appelé au respect du droit international et de "l'esprit humanitaire" en demandant à l'Espagne d'accueillir le navire, et a souligné que le Cabo Verde n'avait pas la capacité nécessaire pour gérer une opération de cette ampleur. Selon le gouvernement de Pedro Sánchez, le transfert répond à des critères humanitaires.

Le ministère de la santé a confirmé que l'Espagne a également accepté le transfert urgent du médecin du navire, qui se trouve dans un état grave, à bord d'un avion médicalisé vers les îles Canaries.

Cette opération s'inscrit dans le cadre du dispositif coordonné avec l'OMS et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies, qui évalue la situation épidémiologique du navire.

M. Clavijo a averti que cette décision "n'apporte pas la tranquillité d'esprit" à la population canarienne.

Il a également insisté sur le fait que "la position du gouvernement des Canaries" est de rejeter l'opération telle qu'elle a été proposée, étant donné que les données nécessaires pour garantir la sécurité sanitaire de l'archipel n'ont pas été fournies.

Le premier avion hospitalisé arrive au Cabo Verde

Le Cabo Verde a confirmé l'arrivée dans le pays d'un des deux avions ambulances prévus pour évacuer trois personnes touchées par l'épidémie détectée lors de la croisière.

Selon le ministère de la santé du pays, "l'évacuation sanitaire des trois patients sera effectuée dans les prochaines heures, à l'aide de deux avions ambulances, en coordination avec les autorités nationales et internationales compétentes".

Le ministère a précisé qu'un des avions est déjà dans le pays et qu'un deuxième avion est attendu, ainsi qu'un médecin spécialiste pour assister les occupants du navire.

Les autorités sanitaires ont souligné qu'une fois le processus d'évacuation terminé, le navire devrait reprendre sa route. Le ministère a assuré que l'opération est préparée "avec un maximum de sécurité et de coordination interinstitutionnelle", avec la participation de toutes les entités impliquées, afin de garantir son exécution dès que les conditions nécessaires seront réunies.

Qu'est-ce que l'hantavirus ?

Le hantavirus est un groupe de virus véhiculés par les rongeurs, qui se transmettent principalement à l'homme par l'inhalation de particules en suspension dans l'air provenant d'excréments séchés de rongeurs.

Le contact avec des rongeurs infectés ou avec leur urine, leur salive ou leurs excréments - en particulier lorsque ces matières sont dérangées et se retrouvent en suspension dans l'air - est le principal mode de propagation du virus.

L'infection peut entraîner un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), caractérisé par des maux de tête, des vertiges, des frissons, de la fièvre, des douleurs musculaires et des problèmes gastro-intestinaux, suivis d'une détresse respiratoire et d'une hypotension.

Selon l'OMS, les symptômes du SPH apparaissent généralement deux à quatre semaines après l'exposition initiale au virus.

Toutefois, les symptômes peuvent apparaître dès une semaine et jusqu'à huit semaines après l'exposition.

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