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Ursula Von der Leyen : les incidents de drones russes en Europe sont la "nouvelle normalité"

Le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen font une déclaration à la presse à Bruxelles le 2 septembre 2026
Bruxelles : le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen font une déclaration à la presse Tous droits réservés  AP
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Par Angela Skujins & Sasha Vakulina
Publié le
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La président de la Commission européenne et le secrétaire général de l'Otan appellent à renforcer la sécurité l'Europe, après que l'Allemagne a attribué à la Russie l'incident impliquant un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré mercredi que des incidents comme le sabotage au drone russe survenu le mois dernier en Allemagne étaient devenus "la nouvelle normalité", marquant une nouvelle escalade de l'activité russe sur le territoire de l'Union européenne.

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"Leipzig marque une nouvelle escalade sur le sol de l'Union européenne directement attribuée à la Russie, mais cela s'inscrit dans un schéma plus large d'incidents de plus en plus dangereux", a-t-elle déclaré aux côtés du secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Si l'attaque avait réussi, "cela aurait provoqué d'énormes dégâts, voire des pertes humaines". "Les Européens sont confrontés à une dure réalité : c'est cela, la nouvelle normalité", a-t-elle poursuivi, en ajoutant que l'UE devait répondre à "l'irresponsabilité" de la Russie, plus vite et plus efficacement.

Von der Leyen a indiqué que l'Europe disposait déjà d'"équipes de réaction rapide" capables de répondre à ces attaques et qu'elle était prête à ajouter de nouvelles sanctions au régime déjà en vigueur contre la Russie. Les ministres des Affaires étrangères se sont réunis en Irlande pour discuter des nouvelles inscriptions envisagées.

Von der Leyen a ajouté que les Européens devaient considérer les infrastructures du quotidien comme des cibles de première ligne et les protéger en conséquence. "Nous sommes entrés dans une nouvelle ère de la sécurité européenne", a-t-elle déclaré.

Rutte a abondé dans son sens, estimant que la Russie était devenue "de plus en plus téméraire" alors qu'elle poursuit son invasion à grande échelle de l'Ukraine, la menace s'étendant désormais au territoire européen et à celui de l'OTAN. "Le danger que représente la Russie est évident", a-t-il affirmé.

Il a ajouté que si la Russie pense que l'Europe et l'OTAN se diviseraient ou seraient dissuadées de soutenir l'Ukraine face à cette nouvelle menace, elle se trompe. "Notre unité reste intacte", a-t-il assuré.

Les deux responsables se sont rencontrés dans la capitale belge au lendemain de l'annonce par le gouvernement allemand, qui a officiellement attribué à la Russie un drone bourré d'explosifs découvert début août dans un aéroport de l'est du pays. Le Kremlin a démenti ces accusations.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Grouchko, a accusé Berlin d'avoir choisi une "voie de l'escalade", ont rapporté mercredi des médias proches du Kremlin. Il s'en est également pris aux dirigeants européens, les accusant de soutenir ce qu'il a qualifié de "terrorisme" ukrainien.

L'annonce allemande

Le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a annoncé mardi que les "moyens permettant de commettre l'acte" de sabotage au drone du 4 août sont "connus de nous pour avoir été utilisés lors d'autres opérations hybrides menées par la Russie dans le cadre de sa guerre contre l'Ukraine".

"Le gouvernement allemand en conclut donc que la Russie est responsable de l'attaque hybride de Leipzig le 4 août", a-t-il déclaré.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a déclaré mardi, aux côtés de Dobrindt, que les agissements de la Russie s'inscrivent dans "une longue série de tentatives de déstabilisation, de désinformation, de menaces, de sabotages et d'actes d'agression dirigés contre l'Europe".

Des policiers allemands à l'aéroport de Leipzig/Halle, à Schkeuditz, en Allemagne, le 7 août 2026.
Des policiers allemands à l'aéroport de Leipzig/Halle, à Schkeuditz, en Allemagne, le 7 août 2026. AP

À l'issue de l'enquête, l'Allemagne a ordonné la fermeture du consulat russe à Bonn et mis fin à l'accord autorisant la Maison russe de Berlin à fonctionner. Le Kremlin a promis de riposter à ces mesures.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué s'être entretenu avec le chancelier allemand Friedrich Merz et assuré que Kyiv était prête à aider, "par son expertise, son expérience ou dans tout autre domaine dont l'Allemagne pourrait avoir besoin". "C'est une nouvelle escalade russe, et il est important que l'Allemagne ait réagi", a-t-il commenté.

"Terrorisme d'État"

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a pour sa part estimé que le sabotage au drone de Leipzig porte "toutes les caractéristiques d'un terrorisme d'État", tout en l'attribuant à la Russie.

"La question est de savoir ce que nous allons faire face à cela", a-t-elle déclaré mercredi à son arrivée à une réunion des ministres des Affaires étrangères à Wicklow, en Irlande.

"Nous avons déjà convoqué les ambassadeurs russes, de même que de nombreux États membres, et nous allons discuter de ce que nous pouvons faire de plus."

En réaction à l'incident, l'UE et la Belgique ont convoqué l'ambassadeur de Russie à Bruxelles. La France a convoqué le chargé d'affaires russe, tandis que les Pays-Bas ont appelé un représentant diplomatique russe.

Kallas a souligné que 1 600 personnes et entités soutenant le complexe militaro-industriel russe avaient été ajoutées à un projet de nouvelle liste de sanctions de l'UE, "et il y en aura peut-être d'autres", a-t-elle indiqué.

Ces mesures visent principalement Moscou pour son invasion à grande échelle de l'Ukraine. Elle a toutefois précisé qu'aucune décision ne serait entérinée mercredi, la réunion des ministres des Affaires étrangères étant informelle.

Le 21e paquet de sanctions contre la Russie, adopté fin juillet, visait toute une série de personnes et d'entités impliquées dans l'industrie militaire du pays, notamment des fabricants de drones de longue portée, comme le modèle Garpiya.

Cela intervient alors que les ambassadeurs des États membres à Bruxelles examinent la possibilité d'ajouter 27 personnes et entités russes impliquées dans la déportation forcée et l'endoctrinement d'enfants ukrainiens à la liste des sanctions de l'Union.

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