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Le parquet de Paris perquisitionne les bureaux français de la société X d'Elon Musk

DOSSIER : La page d'ouverture de X est affichée sur un ordinateur et un téléphone, le 16 octobre 2023 à Sydney.
DOSSIER : La page d'ouverture de X est affichée sur un ordinateur et un téléphone, le 16 octobre 2023 à Sydney. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Euronews
Publié le Mis à jour
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L'unité de lutte contre la cybercriminalité du ministère public mène les recherches avec le soutien d'Europol et du service de lutte contre la cybercriminalité de la police française.

Les bureaux français de la plateforme X, détenue par Elon Musk, ont été perquisitionnés, ce mardi 3 février au matin, a indiqué la procureure de Paris, Laure Beccuau. Cette opération, menée avec le soutien d’Europol et du service de cybercriminalité de la police française, s'inscrit dans le cadre d'une enquête préliminaires ouverte en janvier 2025 après des signalements dénonçant un biais dans les algorithmes.

L'été dernier, l'enquête a été élargie au fonctionnement du chatbot Grok ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère pédopornographiques.

Plus récemment, Grok (développé par xAI, société détenue par Elon Musk) a suscité une vague de protestations à l'échelle mondiale en permettant la création de contenus sexuellement explicites non-consensuels mettant en scène des femmes, des enfants et des personnalités publiques.

"Parallèlement, des convocations aux fins d'auditions libres le 20 avril 2026 à Paris ont été envoyées à Elon Musk et à Linda Yacarino [PDG de mai 2023 à juillet 2025, NDLR], en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits", a ajouté le parquet. Ils devront s’expliquer "sur les faits", et présenter d’éventuelles "mesures de mise en conformité envisagées". D'autres employés de X seront également auditionnés courant avril, en tant que témoins.

Négation de génocide et Adolf Hitler mis en avant

L'action est liée à deux signalements effectués en janvier 2025, selon le procureur. Le parquet avait ouvert une enquête suite à un courrier du député (Renaissance) Eric Bothorel qui exprimait son inquiétude "concernant les récents changements d'algorithme sur la plateforme."

Le second signalement, similaire, avait été fait par un directeur de la sécurité travaillant dans la fonction publique. Il dénonçait la surreprésentation de "contenus politiques nauséabonds" suite au changement de l'algorithme.

L’enquête a révélé que Grok a généré des publications qui ont nié l’Holocauste et diffusé des deepfakes sexuellement explicites, indique le communiqué du parquet. Grok a écrit dans un post largement partagé en français que les chambres à gaz du camp d’Auschwitz‑Birkenau étaient conçues pour la "désinfection avec le Zyklon B contre le typhus", un discours longtemps associé au négationnisme de l’Holocauste.

Dans des publications ultérieures sur X, le chatbot s’est contredit et a reconnu que sa réponse précédente était erronée, indiquant qu’elle avait été supprimée et renvoyant à des preuves historiques montrant que le Zyklon B a servi à tuer plus d’un million de personnes dans les chambres à gaz d’Auschwitz. Le chatbot a également semblé louer Adolf Hitler l’an dernier, dans des commentaires que X a retirés après des plaintes.

"Nous ne faisons aucun commentaire à ce stade", a répondu l’avocat de X en France, Kami Haeri.

Des pressions européennes

X et la société d’intelligence artificielle d’Elon Musk, xAI, font également l’objet d’un examen croissant de la part du régulateur britannique de la protection des données, qui a ouvert des enquêtes formelles sur la manière dont ils ont traité les données personnelles lors du développement et du déploiement du chatbot d’intelligence artificielle de Musk, Grok.

X subit également la pression de l’UE. Le bras exécutif du bloc de 27 pays a ouvert une enquête le mois dernier après que Grok a diffusé des images deepfake sexualisées et non consensuelles sur la plateforme.

Bruxelles a déjà infligé à X une amende de 120 millions d’euros pour des manquements aux vastes réglementations numériques du bloc, notamment concernant les badges bleus qui enfreignaient les règles relatives aux "pratiques trompeuses" exposant les utilisateurs à des escroqueries et à de la manipulation.

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