Kyiv maintient sa pression sur l'"Amazon russe", l'accusant de stocker des pièces à double usage pouvant servir l'invasion russe de Ukraine.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, des drones ukrainiens ont attaqué deux entrepôts situés près de Saint-Pétersbourg et appartenant au géant russe du commerce en ligne Wildberries. Ces frappes ont déclenché d'importants incendies, dont la fumée a enveloppé la ville historique. L'entreprise a annoncé la suspension de l'activité de ces centres logistiques.
"Ce matin, Saint-Pétersbourg a été la cible d'une attaque de drones militaires", a écrit sur les réseaux sociaux le gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexandre Beglov. "La frappe a visé des installations d'infrastructure civile sur l'autoroute de Moscou. Les opérations pour en gérer les conséquences sont en cours."
Selon le gouverneur de la région de Leningrad, Alexandre Drozdenko, 59 drones ukrainiens ont été abattus lors des frappes visant la région.
L'aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg a dû suspendre les vols pendant plusieurs heures, perturbant le programme d'environ 50 liaisons. Le trafic aérien y a repris à 6 heures du matin, heure locale.
Dans la nuit du 24 juillet, les systèmes de défense aérienne russes ont intercepté et détruit 571 drones ukrainiens au-dessus de 15 régions russes, de la Crimée annexée, de la mer d'Azov et de la mer Noire, a annoncé le ministère russe de la Défense.
Cette attaque ukrainienne est l'une des plus importantes depuis le début de l'année. Selon l'agence de presse d'État TASS, la plus importante de l'année a eu lieu le 26 juin : le ministère russe de la Défense avait alors fait état de la destruction de 660 drones.
Le nombre total de drones ukrainiens ayant attaqué le pays les 26 juin et 24 juillet reste inconnu : le ministère russe ne communique que les drones abattus, précise Meduza.
Frappes ukrainiennes, "sanctions à longue portée"
Ces derniers temps, Kyiv a intensifié l'utilisation de drones de longue portée pour frapper des sites russes des infrastructures énergétique, militaire et logistique. Cette attaque contre des installations de Wildberries est la quatrième en une semaine.
Un autre entrepôt de la société a été visé dans la nuit de jeudi à vendredi à Simferopol, en Crimée occupée par la Russie.
Les médias russes estiment qu'au total, les frappes ont touché environ 15 % des surfaces de stockage de l'entreprise, soit près d'un million de mètres carrés.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que les entrepôts de cette entreprise servent à stocker et expédier des composants destinés à du matériel militaire sous sanctions, notamment pour la fabrication de drones et d'équipements de navigation. Ce matériel est ensuite utilisé dans l'agression en cours contre l'Ukraine.
Par ailleurs, l'Ukraine a également lancé la nuit dernière une attaque contre un fabricant de missiles Avitek à Kirov (centre-est). D'après les informations publiques disponibles, l'entreprise fabrique des produits militaires et civils. Avitek produit notamment des composants aéronautiques. L'Ukraine affirme que l'entreprise est spécialisée, entre autres, dans la production de missiles. L'usine fait l'objet de sanctions de la part des États-Unis et de plusieurs autres pays.
Six personnes ont trouvé la mort et 26 autres ont été blessées à la suite de cette frappe ukrainienne, a déclaré Alexandre Sokolov, gouverneur de la région de Kirov.
Kyiv qualifie sa campagne de "sanctions à longue portée", affirmant que ces attaques sont une juste riposte aux frappes nocturnes régulières de la Russie, menées avec des drones et des missiles contre les villes ukrainiennes.
Les attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole russes ont provoqué des pénuries de carburant dans tout le pays et porté atteinte aux ressources financières du Kremlin consacrées à l'effort de guerre.