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Espagne : la "majorité" des mineurs non accompagnés de Ceuta ne retourneront pas au Maroc

Des migrants traversent la frontière depuis le Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta, le jeudi 30 juillet 2026
Des migrants traversent la frontière depuis le Maroc vers l'enclave espagnole de Ceuta, le jeudi 30 juillet 2026 Tous droits réservés  Antonio Sempere / AP
Tous droits réservés Antonio Sempere / AP
Par Javier Iniguez De Onzono & Vincent Reynier
Publié le
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Les mineurs non accompagnés arrivés à Ceuta en juillet resteront très probablement en Espagne, a annoncé lundi la ministre espagnole de la Jeunesse, Sira Rego.

La ministre espagnole de la Jeunesse et de l'Enfance, Sira Rego, a défendu lundi le droit des mineurs étrangers non accompagnés à rester sur le territoire espagnol s'ils le souhaitent : "Je crois que la plupart veulent rester en Espagne et qu'ils vont rester, bien sûr. Il existe une loi qui les protège".

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Ancienne députée au Parlement européen entre 2019 et 2023, la ministre a affirmé que les lois concernant les mineurs en Espagne sont les mêmes pour tous, quelle que soit leur origine. "Notre obligation est de les protéger", a-t-elle plaidé.

"Je peux vous assurer que nombre de ces enfants sont arrivés en fuyant des situations de violence ou des situations extrêmes, et notre devoir en tant que société est de les protéger", a insisté Sira Rego.

"Je ne vais pas renoncer à ce que nous fassions de la politique [...] en respectant la loi et l'État de droit, mais aussi de l'empathie. Je trouve terrible la banalisation du mal à laquelle nous assistons".

"On fait de la politique sur le dos des enfants"

Le gouvernement espagnol estime qu'entre 2 500 et 3 000 mineurs non accompagnés se trouvent actuellement à Ceuta.

Parmi eux, environ 1 500 sont entrés lors de la crise de la fin juillet, selon des chiffres policiers révisés à la baisse, tandis qu'environ 500 se trouvaient déjà dans l'enclave avant la crise estivale. On estime qu'entre 500 et 700 seraient encore en dehors du système de protection.

"Il faut faire notre autocritique, dans toutes les institutions, surtout de la part de celles qui ont la compétence en matière de protection des mineurs", a déclaré Sira Rego en référence au président de Ceuta, Juan Jesús Vivas, et aux autres présidents régionaux, pour la plupart issus de l'opposition. Selon la loi sur les étrangers, ceux-ci doivent se répartir les mineurs étrangers non accompagnés, quel que soit le territoire où ils arrivent.

"La priorité doit être de faire sortir les enfants de là et de les transférer vers la péninsule, parce que cela permet de désengorger le système", a soutenu la ministre. "Nous ne comprenons pas que la solution pour Ceuta soit précisément ce que bloque le Parti populaire".

Sira Rego prononce un discours au Parlement européen à Strasbourg, en France, le mercredi 3 juillet 2019
Sira Rego prononce un discours au Parlement européen à Strasbourg, en France, le mercredi 3 juillet 2019 Jean-Françcois Badias / AP

Ces dernières semaines, Juan Jesús Vivas a durci le ton contre le gouvernement de Pedro Sánchez. Le président de Ceuta, membre du Parti populaire, a accusé l'exécutif socialiste de ne pas avoir réagi de manière adéquate avant, pendant et après l'incident de juillet, qui a fait plus de 150 morts en mer.

"L'UE devrait dire au Maroc que toute coopération fructueuse et mutuellement bénéfique commence par le respect de nos frontières", a-t-il déclaré depuis le Parlement européen le 8 septembre dernier.

Sira Rego a reconnu que la coopération des autorités marocaines est généralement "limitée", ajoutant : "Il est rare que nous recevions une réponse fluide de la part du Maroc et cela constitue souvent un problème".

Le Premier ministre, Pedro Sánchez, ainsi que des ministres influents, comme celui de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, continuent d'affirmer, près de deux mois après le déclenchement de la crise, qu'il n'existe pas de preuves que le Maroc ait joué un rôle actif dans l'entrée massive de migrants fin juillet.

De nombreux éléments - parmi eux les témoignages des migrants eux-mêmes sur le laxisme des forces de sécurité marocaines - et des rapports ultérieurs, qu'ils soient privés comme policiers, vont pourtant dans ce sens.

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