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Philippines : le dictateur Marcos enterré tel un "héros", merci Duterte !

Philippines : le dictateur Marcos enterré tel un "héros", merci Duterte !
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Par Joël Chatreau
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Aucun président des Philippines n’avait accepté cette ultime humiliation pour les victimes et leurs familles, Rodrigo Duterte l’a fait !

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Aucun président des Philippines n’avait accepté cette ultime humiliation pour les victimes et leurs familles, Rodrigo Duterte l’a fait !
L’ancien dictateur Ferdinand Marcos, dont les mains étaient tachées du sang de dizaines de milliers de Philippins, a pourtant été enterré en grande pompe ce vendredi au cimetière des “héros de la Nation” dans la capitale, Manille. Il a eu droit à tous les honneurs, cortège funèbre accueilli par des militaires au garde-à-vous, habillés en grande tenue, salve de vingt-et-un coups de canon.

L'ex-dictateur Marcos enterré avec les honneurs militaires au cimetière des héros de la Nation à Manille. https://t.co/iUZ3jZlFfn#AFPpic.twitter.com/vqlE3uQMAn

— Agence France-Presse (@afpfr) November 18, 2016

La femme et les enfants de l’ex-dirigeant totalitaire le réclamaient depuis longtemps mais en vain… Les voici enfin exaucés, et ils peuvent remercier le président Duterte, connu également pour ses méthodes musclées et expéditives. La dépouille de Marcos, embaumée et ainsi conservée depuis 27 ans dans une crypte réfrigérée construite dans la maison familiale, dans le nord de l’archipel, a été déplacée dans le plus grand secret et sans perdre de temps. La Cour suprême avait donné son feu vert la semaine dernière, “encouragée” par Rodrigo Duterte.

Rodrigo Duterte (à gauche) et Ferdinand Marcos :

Duterte hopes people forgive Ferdinand Marcos https://t.co/cGOpdG8h07pic.twitter.com/yXgilcVWmS

— CNN Philippines (@cnnphilippines) November 18, 2016

Des opposants pris de vitesse

Les proches des victimes de la sanglante dictature de Ferdinand Marcos (qui a duré de 1965 à 1986), les associations de défense des droits de l’Homme et l’opposition savaient qu’un transfert du corps était prévisible mais ils se sont fait prendre au dépouvu par la rapidité de l’opération. Quelques manifestations seulement ont eu lieu, le pouvoir avait prévu un vaste déploiement de policiers anti-émeutes et de soldats dans la capitale. Les médias ont été en grande partie empêchés d’entrer dans le cimetière des “héros”, et même de s’en approcher.

With hero's burial for Ferdinand Marcos, Duterte endorses Philippines' authoritarian past https://t.co/aDFTvhYWTBpic.twitter.com/gosSrUspU5

— The Straits Times (@STcom) November 18, 2016

Secret funeral for Ferdinand Marcos draws protests from dictator’s victims https://t.co/hByaat7ju2pic.twitter.com/8hX8vnS1WU

— New York Times World (@nytimesworld) November 18, 2016

Du sang et des milliards

Elu à la présidence philippine en 1965, réélu en 1969, Ferdinand Marcos avait décrété la loi martiale en 1972. Il est accusé d’avoir exterminé ses opposants et des rebelles, ou de les avoir fait expulser, mais également d’avoir pillé les caisses de l’Etat, pour un montant estimé à 10 milliards de dollars. La population elle même a fini par le chasser au cours de la révolte de 1986. Exilé aux Etats-Unis, le despote est décédé de sa belle mort trois ans plus tard à Hawaï.

Après sa disparition, la famille Marcos a été autorisée à rentrer au pays. Et ça va bien pour elle, merci ! La veuve, Imelda, a été réélue en mai dernier à la chambre des représentants, pour la troisième fois. Le fils, Ferdinand Marcos Junior, est sénateur et la fille, Imee, est gouverneur de la province d’Ilocos Norte, qui est restée le fief familial.

Imelda Marcos devant le cercueil de son mari :

BREAKING: Imelda Marcos, naiyak sa balitang kasama sila sa mga ililibing na mga Marcos sa Libingan ng mga Bayani. #MarcosNOTaHeropic.twitter.com/WBF6TuXEY4

— Jimmy J (@jimmyjgoplay) November 18, 2016

Des recours contre l’inhumation ont été déposés devant la Cour suprême des Philippines, qui n’en a fait aucun cas. D’où la réaction de Barry Guttierez, l’un des avocats des familles de victimes, qui pourrait être une bonne conclusion : “De son vivant, Marcos se moquait de la loi. Il continue de l’enfreindre à son propre enterrement”.

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