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Robert Mugabe, l'initéraire du "vieux lion"

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Robert Mugabe, l'initéraire du "vieux lion"

Robert Mugabe, l'initéraire du "vieux lion"
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En 1980, tout le Zimbabwe vibrait à l’unisson lors de l’accession de Robert Mugabe à la tête du gouvernement. L’ancienne colonie britannique venait d’obtenir son indépendance. Il deviendra le chef d’Etat le plus âgé du monde.

Le nouveau Premier ministre était un combattant de longue date, un héros de la lutte contre le colonialisme et le régime d’apartheid. Prisonnier politique pendant plus de dix ans, il avait rejoint dès sa libération la lutte armée contre le gouvernement de Ian Smith. En 1979, il était l’un des signataires des accords de Lancaster House qui ont mis un terme à la guerre civile.

Durant la première décennie de son règne, l‘économie se porte bien, notamment le secteur agricole dans ce pays qui fait encore figure de grenier à blé de l’Afrique. La mortalité infantile et la malnutrition diminuent, l’espérance de vie s’accroît.

Robert Mugabe est élu à la présidence du pays en 1990. Le pays est alors doté d’un des meilleurs systèmes éducatifs de la région. Le Zimbabwe détient le record du meilleur taux d’alphabétisation, dépassant même la puissante Afrique du Sud.

Mais dans le même temps, Robert Mugabe prend des mesures de répression sévères contre l’opposition. Il assimile ses leaders aux intérêts néo-coloniaux et reconnaît avoir recours à la torture. Lors des élections parlementaires de juin 2000, le Mouvement pour le changement démocratique n‘échoue que de peu en dépit de fraudes massives organisées par le pouvoir.

Le début des années 2000 signe le temps de la réforme agraire. A l‘époque, 70 % des terres arables sont détenues par 4000 fermiers blancs. Mugabe impose sa réforme en expropriant les fermiers blancs par la force. La plupart fuient à l‘étranger. Une dizaine d’entre eux sont assassinés.

Pour contracter des emprunts auprès de la Banque mondiale, Robert Mugabe engage son pays dans une cure d’austérité. Mais l’arrêt des subventions aux petits propriétaires terriens a ruiné l‘économie du pays.Un nombre grandissant d’habitants dépendent de l’aide alimentaire et l’espérance de vie chute à un niveau exceptionnellement bas.

Mais Robert Mugabe ne peut entendre la moindre critique et ne peut envisager de changer de politique.

Quand le chef de l’opposition Morgan Tsvangirai défie le “vieux lion”, il est roué de coups par les forces spéciales aux ordres de Mugabe. Quand Tsvangirai remporte l‘élection présidentielle de 2008, Mugabe s’accroche au pouvoir. Tout ce qu’il concède est un partage du pouvoir avec Tsvangirai, qui devient Premier ministre sans obtenir aucun moyen pour influer sur la marche politique à suivre.

Alors que l’Occident voyait en Mugabe (93 ans) un dictateur, beaucoup d’Africains le considéraient comme un héros, l’un des rares hommes du continent capables de résister aux anciennes puissances coloniales.