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"Regrets" de l'ETA : les réactions

"Regrets" de l'ETA : les réactions
Tous droits réservés REUTERS/Vincent West
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Par Euronews avec AFP
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L'organisation basque ETA a pour la première fois vendredi demandé "pardon" à ses victimes. En réservant ce pardon aux seules victimes n'ayant pas participé au conflit, une polémique est née en Espagne.

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"Nous sommes conscients d'avoir provoqué durant cette longue période de lutte armée beaucoup de douleur et des dommages irréparables", écrit l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna ou Pays basque et Liberté en français) dans un communiqué historique pour l'Espagne. "Nous voulons manifester notre respect aux morts, aux blessés et aux victimes des actions de l'ETA (...) Nous le regrettons sincèrement", poursuit l'organisation dans ce texte publié presque 60 ans après sa création en 1959.

Le communiqué s'adresse ensuite directement aux "victimes qui n'avaient pas de participation directe au conflit", c'est-à-dire ces civils qui n'étaient ni élus, ni policiers, ni gardes civils ou militaires : "Nous demandons pardon à ces personnes et à leurs familles. Ces mots ne résoudront pas ce qui s'est passé ni n'atténueront pas tant de douleur. Nous le disons avec respect, sans vouloir provoquer plus d'affliction".

Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy, qui a systématiquement refusé, depuis 2011, toute négociation avec le groupe armé et exigé sa dissolution sans contrepartie, a célébré la victoire de "l'Etat de droit". "Ce n'est qu'une nouvelle conséquence de la force de l'Etat de droit qui a vaincu l'ETA avec les armes de la démocratie", a-t-il déclaré en estimant que "le groupe terroriste" aurait dû se prononcer en ce sens bien avant. Un peu plus tard, le porte-parole du gouvernement Inigo Mendez de Vigo a assuré qu'il n'y aurait pas de "contrepartie" de sa part après ce communiqué.

Des proches de détenus membres de l'ETA, espèrent pourtant une évolution de la politique pénitentiaire de l'Espagne et de la France après la disparition de l'organisation, permettant un rapprochement des détenus dans des prisons près de chez eux et des libérations conditionnelles pour ceux n'ayant pas commis de crimes de sang.

Autres réactions

"Je trouve honteux et amoral que l'on fasse cette distinction entre ceux qui méritaient une balle dans la nuque, la bombe sous la voiture et ceux qui ont été victimes par hasard", a réagi Maria del Mar Blanco, de l'Association des victimes du terrorisme (AVT) dont le frère, Miguel Angel Blanco, fut tué en 1997 après un enlèvement suivi par toute l'Espagne.

Le président du gouvernement basque Inigo Urkullu a souligné qu'au moment de sa dissolution l'ETA devra avoir "la même considération pour toutes les victimes". Le parti de centre droit Ciudadanos a également condamné la distinction, qui exclut des centaines de victimes.

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