Expulsions meurtrières vers le Sahara

Expulsions meurtrières vers le Sahara
Par Anne-Lise Fantino
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Les autorités algériennes auraient livré à eux-mêmes des milliers de migrants en plein désert, ces derniers mois, selon l'Organisation Internationale pour les Migrations. Des femmes, des hommes et des enfants, privés de tout, qui souvent succombent à ces conditions extrêmes.

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Le désert est devenu pour eux une tombe, comme la Méditerranée. Au cours des 14 derniers mois, au moins 13 000 migrants venus d'Afrique auraient été déposés par les autorités algériennes et livrés à eux-mêmes dans le Sahara, d'après l'Organisation internationale pour les migrations. Condamnés à errer vers le Mali et le Niger, sans eau ni nourriture.

Les images tournées par Ju Dennis, un homme venu du Liberia, confirme les témoignages glaçants, comme celui de Janet Kamara.

"J'ai fait une fausse-couche sur la route, et une fillette du Cameroun aussi. Nous avons vécu la même chose. On a perdu nos bébés, ils ont été tués. Des femmes sont mortes, des hommes, des enfants. Parce qu'il n'y a ni eau, ni nourriture, on meurt de faim. Certains ont été blessés, d'autres ont disparu dans le désert parce qu'ils ne connaissaient pas le chemin".

Le Sahara ne laisse guère de chances aux plus vulnérables et ferait chaque année deux fois plus de victimes que les traversées meurtrières en Méditerranée. Certains errent pendant des jours, avant que des ONG ne viennent leur porter secours.

"J'ai décidé d'y aller, même si c'était très très risqué" explique Ju Dennis. "Si je me faisais prendre en train de filmer, je risquais dix ou vingt ans de prison en Algérie. Et j'ai pris ces vidéos et ces photos pour montrer ce que font les autorités algériennes à la communauté internationale. Montrez-les au monde entier, pour qu'il voit ce qu'il se passe en Algérie."

Depuis octobre, l'Algérie a accéléré ces expulsions massives, confrontée à la pression de Bruxelles pour gérer les flux migratoires en provenance d'Afrique subsaharienne.

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