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Grèce : le "business" en temps de crise

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Grèce : le "business" en temps de crise

Grèce : le "business" en temps de crise
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Elles font partie du décor à Athènes : les vitrine vides de magasins. Avec un pouvoir d'achat en fort recul ces huit dernières années, les petites et moyennes entreprises ont été les premières touchées.

Entre 2009 et 2017, 240 000 ont mis la clé sous la porte mettant plus de 900 000 personnes au chômage. Dans le secteur du bâtiment, le coup été encore plus dur. 150 000 personnes ont perdu leur emploi entre 2008 et 2014.

Christos Louisis est fabricant de vitres. Ces dernières années ont été éprouvantes pour lui. Selon ses calculs, il aurait perdu jusqu'à 1 million et demi d'euros.

«En 2012, je me suis retrouvé dans la position difficile de licencier 22 personnes sur les 26 que j'avais avant les mémorandums. Vous pouvez comprendre qu'à ce moment-là, pas seulement moi, mais également d'autres hommes d'affaires, nous ne nous sommes pas suicidés uniquement parce que quelque chose nous retenait, je pense que c'était nos enfants ».

Malgré les difficultés, il a tenté d'innover. Mais avec un marché national en crise, il aurait fallu exporter, trop compliqué sans la trésorerie nécessaire.

Durant la crise, quelque entrepreneurs ont réussi à percer. C'est le cas de Nikos Kouris. Avec son magasin, ouvert en 2016, dans le centre d'Athènes, il combine gastronomie et exportation de produits grecs. Il a réussi à s’agrandir aux Etats-Unis. Il prévoit même d'y ouvrir deux autres magasins d'ici 2019.

"Nous traversons toutes les difficultés qui existent dans un cadre très strict de contributions fiscales mais d'un autre côté nous avons bénéficié des avantages de la crise, comme la baisse du coût du travail. Ce serait très important pour nous de voir le gouvernement agir pour combattre le chômage afin que les familles puissent dépenser leurs revenus sur le marché. Il serait très important d'ouvrir les canaux de financement et de faire des efforts afin que les banques et l'état soutiennent les entreprises".

La Grèce est le seul pays de l'Union européenne à avoir vu son salaire minimum baisser depuis la crise. lI se situe aujourd'hui à 683 euros, près de 100 euros de moins qu'en 2008. Mais pour Kostas Michalos, président de la Chambre de commerce d'Athènes, il faut en faire davantage pour le business.

''Simplification des procédures, réduction de la bureaucratie, modification du système de taxe. Bien entendu, nous devons aller plus vite avec le programme de privatisation pour donner un signal positif aux investisseurs et les encourager à venir en Grèce. Si la prudence, le consensus et la coopération ne l'emportent pas, je crains que le pays ne fasse un pas en avant et trois pas en arrière".

Pour rappel : selon nombre d'économistes les privatisations à grande échelle pourraient au contraire priver la Grèce d'outils précieux dans les années à venir.