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Le Brésil presque à l'heure du choix, Bolsonaro devant

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Le Brésil presque à l'heure du choix, Bolsonaro devant

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"Je suis né en 1955, ma mère adorée, fervente catholique, m'a donné le prénom de Messie. Mais je ne suis pas le sauveur de la patrie. C'est nous tous, qui allons sauver cette partie", assurait-il lors d'un meeting le 22 juillet dernier.

A trois jours du premier tour de l'élection présidentielle brésilienne, Jair Messias Bolsonaro a plus que jamais des raisons d'y croire. Le candidat d'extrême-droite est loin en tête des sondages.

Ses soutiens voient en lui l'occasion de chasser une caste politique salie par les scandales de corruption, qui ont abouti à la destitution de la présidente Dilma Rousseff et conduit son prédécesseur Lula en prison.

"Ce qui m'a décidé à voter pour lui, c'est qu'l ne fait aucun accord politique", se souvient Ivan Pavlovsky, qui habite un quartier aisé de Sao Paulo, plus grande métropole d'Amérique du Sud.

"Le premier janvier, Bolsonaro sera président et le Brésil suivra le chemin du progrès", espère cet homme.

Mais dans un pays qui se remet durement d'une grave crise économique et politiques, le candidat, qui ne cache pas son admiration pour la junte militaire a des raisons d'inquiéter.

"C'est un candidat qui laisse planer une certaine incertitude, quant à son engagement réel vis-à-vis de la démocratie", met en garde le politologue Lier Pires Ferreira.

"Nous pourrions assurer sans aucun doute que Haddad, Marina, Ciro et Alckim, qui sont les autre principaux candidats, croient en la démocratie. Avec Bolsonaro, on ne peut pas l'anticiper", poursuit-il d'un air hésitant.

Partisan du port d'armes, auteur de déclarations homophobes et misogynes, le candidat est vu comme une menace par nombre de Brésiliens. Mais il bénéficie paradoxalement d'un statut de victime.

"Depuis le 6 septembre dernier, date de l'attaque au couteau qu'il a subie dans l'Etat de Minas Gerais, le député et candidat Jair Bolsonaro a poursuivi sa campagne depuis cet hôpital de Sao Paulo. C'est d'ici qu'il a communiqué avec ses électeurs", explique notre envoyé au Brésil, Moisès Pozzi.

Depuis l'attaque, le candidat n'a cessé de grimper dans les sondages, où il atteint 31 % ce mercredi. Les manifestations d'opposants ne l'inquiètent plus.

"Je vois aussi de nombreuses manifestations de soutien, c'est un signe clair que le peuple est de notre côté", répond-il au micro d'Euronews, à bord d'un avion entre Sao Paulo et Rio.