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Le coup de sang de Jean-Luc Mélenchon inquiète certains Insoumis

Le coup de sang de Jean-Luc Mélenchon inquiète certains Insoumis
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REUTERS/Charles Platiau
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Simple fait divers ou symptôme d'une dérive inquiétante au sein de la France Insoumise ? La spectaculaire colère de Jean-Luc Mélenchon et de ses proches lors des perquisitions du 16 octobre risque de ne pas être sans conséquences.

Lancé au moins d'août dernier, le collectif des Insoumis démocrates demande davantage de démocratie au sein du mouvement dirigé par Jean-Luc Mélenchon. Selon l'une de ses membres, Clémentine Langlois, ancienne candidate aux législatives LFI, les images des principaux leaders enfonçant la porte de leur permanence sont inquiétantes. Elle l'a expliqué à Euronews.

Comportement inacceptable

« Pour moi, sous entendre que la loi et la justice pouvait être à ce point corrompu, c’est un comportement inacceptable et dangereux de la part d’un responsable de la république. (…) Dangereux car certains Insoumis pourraient ne plus avoir confiance dans les lois de la République et perdre pied et ne plus croire en notre démocratie ».

Hasard du calendrier, le groupe va tenir son assemblée fondatrice les 20 et 21 octobre. Pour l'instant, ses effectifs sont très limités. Ils seraient 240 à s'être inscrits pour participer aux discussions. Un chiffre à comparer aux plus de 500 000 militants revendiqués par le mouvement (ndlr : le nombre d'adhérents à la LFI fait l'objet de discussions. En cause : le mode d'adhésion).

Si l'impact du comportement de Jean-Luc Mélenchon sur ses sympathisants est impossible à évaluer, selon Clémentine Langlois, il y aura un avant et un après.

"Sur les sept millions de voix pour Mélenchon, une très grande majorité ne cautionnent pas ce genre de dérive. Une majorité de gens que l’on retrouve sur les réseaux sociaux sont effarés, inquiets, honteux et se désabonnent en masse."

Un vote pour un nouveau leader

Pour ces Insoumis à la ligne de Jean-Luc Mélenchon, c'est bien la personnalité du leader qui interroge. « La violence verbale, l’incapacité à se contrôler et la violence physique vis-à-vis des policiers et des représentants de la loi, c’est complètement inacceptable, inconcevable pour quelqu’un qui souhaite accéder aux plus hautes fonctions de l’état ».

Ils demandent de mettre en place une procédure de vote adressé à l'ensemble du mouvement pour décider "qui doit être le leader". Une manière, selon eux, de "retourner aux fondamentaux".

Des questionnements qui ne semblent pas ébranler l'unité affichée au sein du groupe parlementaire LFI. Interrogé par nos confrères de France 2, Adrien Quatennens, député du nord présent lors de la perquisition au siège de la rue de Dunkerque à Paris, juge la réaction légitime: "Même si les images peuvent susciter de l'émotion, nous n'avons jamais voulu entraver le travail de la justice car nous n'avons rien à cacher".

"Je ne demande pas d'excuser notre colère, je demande de la comprendre" car elle est "circonstancielle", a-t-il ajouté.

Jean-Luc Mélenchon était interrogé ce jeudi 18 octobre dans le cadre des enquêtes sur ses comptes de campagne présidentielle et sur l'emploi, présumé fictif, d'assistants d'eurodéputés par son parti. Il a assuré qu'il répondrait dans le détail.

Arrivé vers 10h30 pour une audition libre dans les locaux de la police anticorruption (Oclciff) à Nanterre, Jean-Luc Mélenchon a de nouveau dénoncé devant les journalistes "une opération de police politique" et "une escalade judiciaire".