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Google : intolérable impunité des cadres accusés de harcèlement sexuel

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Google : intolérable impunité des cadres accusés de harcèlement sexuel

Manif contre le harcèlement sexuel au siège européen de Google, Dublin.
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Les hauts cadres de Google couverts par leur direction alors qu'ils sont accusés de harcèlement sexuel, ça suffit ! C'est en substance ce qu'ont voulu dire fermement plusieurs centaines d'employés de la célèbre firme américaine, en observant ce jeudi un arrêt de travail si peu habituel pour eux. Le mouvement a été bien suivi au siège européen, installé à Dublin, la capitale de l'Irlande : environ 500 salariés se sont rassemblés pendant une demi-heure dans l'enceinte de l'entreprise pour protester.

La colère froide s'est aussi répandue à travers le monde, dans les bureaux de Google à Londres, à Zurich, également en Asie, notamment à Singapour et à Tokyo. Les Manifestants y étaient moins nombreux mais bien décidés à faire entendre leur indignation. La presse a par exemple recueilli les témoignages de Sam : "Nous protestons pour soutenir nos collègues qui ont été victimes de harcèlement sexuel et pour réclamer que les auteurs ne soient pas protégés ou récompensés". Ou de Anna, expliquant qu'il faut "faire comprendre aux dirigeants actuels que les choses changent et qu'il est temps de revoir ce qui était considéré comme normal".

De quoi nourrir les protestataires à Dublin :

48 employés, dont 13 hauts cadres, limogés en deux ans seulement

C'est le journal New York Times qui a allumé la mèche la semaine dernière. Son enquête a permis de révéler que Google s'arrangeait ces dernières années pour cacher les cas de harcèlement sexuel au sein de la compagnie, tout en se séparant des auteurs présumés trop embarrassants, dont plusieurs cadres haut placés, mais en leur accordant de grosses indemnités.

Le grand patron de Google, Sundar Pichai, s'est donc vu obligé de vider son sac de linge sale. Dans un mail adressé à tout le personnel, il a avoué que 48 personnes avaient été licenciées pour harcèlement sexuelrien que pendant les deux dernières années. Parmi se trouvaient pas moins de 13 importants managers. Pichai a juré, craché qu'aucun d'entre eux n'avait touché d'argent en partant.

Faux !, affirme le New York Times. Le journal américain donne l'exemple d'Andy Rubin, le créateur du système d'exploitation mobile Android, qui aurait quitté le groupe en 2014 avec sur son compte en banque la somme rondelette de 90 millions de dollars. Et les comportements malsains ne semblent pas s'être arrêtés : la maison mère de Google, Alphabet, vient juste de reconnaître qu'elle a dû limoger récemment Rich De Vaul, qui était le directeur de "X", un service qui met en oeuvre les projets futuristes. Il était accusé d'avoir abusé de son pouvoir pour harceler sexuellement une femme qui postulait pour un emploi dans l'entreprise.