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Des maires italiens se liguent contre Matteo Salvini

REUTERS/Ammar Awad
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Plusieurs maires de grandes villes italiennes refusent d'appliquer le décret-loi anti-immigration du ministre de l'Intérieur Matteo Salvini, à commencer par le maire de Palerme qui a pris la tête de cette fronde contre le puissant patron de l'extrême droite.

"Un texte inhumain"

"C'est un texte inhumain parce qu'il viole les droits de l'Homme, et criminogène parce qu'il transforme en illégaux des personnes qui se trouvent légitimement sur notre territoire", a lancé jeudi Leoluca Orlando, maire de gauche de Palerme (Sicile), après avoir annoncé qu'il suspendait l'application du décret-loi Sécurité et immigration "pour ce qui relève des compétences des communes".

Il conteste en particulier la mesure qui interdit l'obtention du droit de résidence à une personne disposant d'un permis de séjour sur le territoire. Elle prive les mairies de la possibilité de délivrer une carte d'identité ou une inscription au service sanitaire national, cette dernière étant obligatoire pour accéder aux prestations de santé comme le médecin de famille.

Le maire de Palerme a annoncé vouloir saisir un juge pour évaluer la constitutionnalité de la loi adoptée et automne par la majorité Ligue - Mouvement cinq étoiles.

"Démissionne Orlando ! "

La réplique de Matteo Salvini ne s'est pas fait attendre. "Je dis à ces maires, qu'ils devront répondre à leurs citoyens, à leur enfants, aux futurs italiens ! Nous avons déjà reçu beaucoup de monde les années précédentes. Si quelqu'un n'est pas d'accord, il peut démissionner, démissionne Orlando ! " a-t-il répondu ironiquement au maire sicilien dans une vidéo postée sur Facebook. Et d'ajouter. "Tu veux désobéir? Je ne t'envoie pas l'armée !"

Des villes pro ou anti-Salvini

Les maires de Florence et de Naples se sont joints à Palerme. Naples a d'ailleurs manifesté son intention d'accueillir le bateau d'une ONG transportant 32 migrants, bloqué dans un orage dans la Méditerranée, a déclaré jeudi le maire de la ville.

Les villes de Venise, Gènes et Vérone ont, pour leur part, signé une lettre de soutien à Matteo Salvini affirmant que "le décret Sécurité contient des règles justes et compréhensibles".