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Dernier jour du procès Barbarin : la parole à la défense

Dernier jour du procès Barbarin : la parole à la défense
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Dernier jour de procès pour le cardinal Barbarin et cinq anciens membres de son diocèse pour non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs. Des avocats de la défense au nombre de cinq doivent encore s'exprimer devant le tribunal de Lyon.

Hier, comme attendu, le Parquet n'a pas requis de condamnation contre le cardinal Barbarin. C'est dans la droite ligne du classement sans suite de l'affaire à l'été 2016. Le procès n'ayant dû sa tenue qu'à la citation directe lancée par neuf plaignants.

"Le parquet dit : moi, j'estime ne pas avoir les éléments pour poursuivre parce que prescription, défaut d'intention, bla bla bla... Bon, pas de problème. Le parquet, c'est un avis, alors on a l'impression que c'est parole d'évangile, mais non, c'est un avis parmi d'autres", a expliqué Maître Yves Sauvayre, avocat des parties civiles.

Hier, aussi, le cardinal Philippe Barbarin a cité l'Evangile pour assurer qu'il n'a jamais rien caché. Mais les parties civiles, convaincues qu'il ment sur son rôle dans l'affaire, l'ont accablé.

Maître Jean Boudot s'est emporté quand il a entendu l'archevêque de Lyon assurer qu'il n'a découvert les faits qu'en 2014 :

"Quand le cardinal Barbarin nous dit qu'il a compris en 2014 l'étendue du drame et la gravité des faits, quand il sait a minima depuis 2010 de la bouche même du prêtre coupable le nombre des faits, la période des faits, la multiplicité des victimes, le caractère sexuel des faits, qu'il va dire dans le journal La Croix deux mois après reçu le père Preynat qu'il était parfaitement sensible à l'incommensurable souffrance des victimes qu'il fallait prendre en considération, venir nous dire : "c'est en 2014 que j'ai compris", je dis que c'est un mensonge."

Mais pour l'avocat de Philippe Barbarin, le cardinal n'a rien couvert et il a même encouragé la justice. Maître Jean-Félix Luciani espère que ce procès sera celui de la réhabilitation médiatique de l'archevêque :

"On l'a dépeint comme quelqu'un qui aurait couvert un prêtre pédophile. On se rend compte aujourd'hui que s'il y a eu des erreurs dans la Gouvernance, à aucun moment il n'y a eu volonté de couvrir qui que ce soit et qu'au contraire le cardinal s'est félicité de l'action de la justice qu'il a encouragée."

"J'espère que ce procès aura été celui d'une forme de réhabilitation médiatique du Cardinal Barbarin".

Pour Maître Xavier Varhamian, défenseur de Régine Maire, chargée à l'époque d'écouter les victimes de prêtres, l'accuser "d'avoir participé à une conspiration est erroné et infamant", et ce procès in fine est un procès spectacle :

"Ce procès, il n'a jamais été caché par des partis civiles que c'était un moyen pour elles d'aboutir à une modification de la législation et à faire changer des pratiques au sein de l'Eglise. C'est dans ce sens que c'est un procès spectacle."

Le jugement sera rendu ultérieurement après cette dernière journée de procès.

Quelle qu'en soit l'issue, ce procès est et restera le premier face-à-face en France entre des victimes d’un prêtre pédophile et l’Eglise catholique en tant qu'Institution.