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Espagne: Sanchez annoncera vendredi d'éventuelles élections

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Le chef du gouvernement socialiste espagnol Pedro Sanchez annoncera vendredi s'il convoque des élections anticipées après le rejet mercredi par les députés de droite et indépendantistes catalans de son premier budget.

Sa décision sera communiquée à l'issue du conseil des ministres de vendredi, a fait savoir le gouvernement.

Le 26 mai, date des élections européennes, municipales et régionales, ou le 28 avril, ont été évoqués dans la presse comme dates possibles d'un scrutin.

Si M. Sanchez, 46 ans et au pouvoir depuis huit mois, décide de convoquer ces élections, elles seraient les troisièmes en un peu plus de trois ans.

Les deux dernières avaient eu lieu fin 2015 et mi-2016. Après dix mois de blocage politique, le conservateur Mariano Rajoy avait fini par être réinvesti chef du gouvernement fin octobre 2016.

Pedro Sanchez est arrivé au pouvoir en juin à la faveur d'une motion de censure contre M. Rajoy, coulé par un scandale de corruption. Cette motion avait été soutenue notamment par la gauche radicale de Podemos et les indépendantistes basques et catalans.

À la tête d'un gouvernement ultra-minoritaire avec seulement 84 députés socialistes sur 350, il avait promis de convoquer rapidement des élections, avant de changer d'avis et de présenter un budget pour tenter de tenir jusqu'à la fin de la législature en 2020.

Mais une majorité de 191 députés sur 350 ont voté mercredi en faveur d'amendements du Parti populaire (PP, droite), des libéraux de Ciudadanos et des deux partis indépendantistes catalans, destinés à bloquer ce budget. Ce qui a eu pour effet de condamner le texte avant même qu'il puisse être voté.

- 'Motion de censure de facto' -

Ce revers "marque la fin du voyage de Pedro Sanchez à la tête du gouvernement", a lancé le patron du PP, Pablo Casado.

"Il faut virer Sanchez", a renchéri le leader de Ciudadanos, Albert Rivera.

Cette défaite sur le budget intervient au lendemain de l'ouverture à Madrid du procès historique de douze dirigeants indépendantistes catalans impliqués dans la tentative de sécession de la Catalogne de 2017.

Un procès qui a tendu à l'extrême les relations entre le gouvernement et les indépendantistes catalans, ses alliés de circonstance en juin pour renverser Mariano Rajoy, et dont les 17 députés lui étaient indispensables pour disposer d'une majorité.

Le bail de M. Sanchez à la Moncloa aura été depuis juin marqué par un dialogue de sourds avec les indépendantistes catalans.

Après avoir repris le dialogue avec eux en juillet, il s'en est éloigné, les accusant de "mentir" comme les partisans du Brexit, avant de renouer fin décembre des discussions qui ont finalement été rompues vendredi.

Les indépendantistes continuent à réclamer un référendum d'autodétermination pour la Catalogne, inacceptable pour le gouvernement.

Pour Antonio Barroso, du cabinet Teneo, "le coût d'un virage modéré (était) trop élevé" pour les séparatistes, qui ont peur d'être "accusés de traîtrise" par leur base s'ils soutenaient Pedro Sanchez.

Au-delà de la crise catalane, le socialiste a eu pour autre priorité depuis son arrivée au pouvoir d'exhumer l'ancien dictateur Franco de son mausolée pharaonique. Sans succès pour le moment en raison de la guérilla juridique menée par ses descendants.

- La droite en tête dans les sondages -

Depuis quelques jours, le gouvernement avait déjà adopté un ton de campagne électorale en accusant la droite et les indépendantistes de voter main dans la main.

"Les (partis de) droite et les indépendantistes vont voter contre ce budget social. Ils veulent la même chose: une Catalogne vivant dans la confrontation et une Espagne vivant dans la confrontation (...) Ils ont peur du dialogue", avait attaqué Pedro Sanchez mardi.

Plusieurs sondages, dont le dernier a été publié mercredi, donnent le PP, Ciudadanos et le parti d'extrême droite Vox en mesure de former une majorité au niveau national.

Comme ces trois formations, qui ont mobilisé dimanche à Madrid des dizaines de milliers de personnes contre Pedro Sanchez, l'ont fait pour chasser les socialistes du pouvoir dans leur fief d'Andalousie (sud), en janvier.

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