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Le Sénat français s'attaque au premier cercle du président Macron

Affaire Benalla : Emmanuel Macron et Gérard Larcher, le président du Sénat
Affaire Benalla : Emmanuel Macron et Gérard Larcher, le président du Sénat
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C'est une conséquence directe des affaires Benalla qui provoque un coup de tonnerre politique en France. Le Sénat a décidé de jouer son rôle de contre-pouvoir jusqu'au bout : il a saisi la justice ce jeudi, non seulement contre l'ex-collaborateur du président Emmanuel Macron et son acolyte, Vincent Crase, mais aussi contre trois hauts responsables du premier cercle présidentiel.

Le directeur de cabinet de l'Elysée, Patrick Strzoda, le secrétaire général, Alexis Kohler, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général de brigade de gendarmerie Lionel Lavergne, sont soupçonnés par les sénateurs d'avoir menti sous serment, ou omis de donner certaines informations, lorsqu'ils ont été entendus par la commission d'enquête sénatoriale fin juillet 2018. Le bureau du Sénat, qui compte 26 élus dont la grande majorité est dans l'opposition socialiste et de droite, a voté à l'unanimité pour transmettre l'affaire au parquet.

Jean-Pierre Sueur, le vice-président de la commission des Lois, qui était chargée de l'enquête, justifie cette décision :

Jusqu'à 5 ans de prison pour faux témoignage

La commission, qui a entendu de nombreux témoins, a délivré un rapport d'enquête accablant le 20 février dernier. Son président, Philippe Bas, membre du parti Les Républicains, ainsi que les deux co-rapporteurs, avaient alors demandé que le ministère public soit saisi pour éventuellement "donner lieu à des poursuites pour faux témoignage". Ce délit est passible de 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende. En France, ce n'est que la deuxième fois qu'est effectuée une saisine du parquet pour faux témoignage face à des parlementaires.

Agacements et bouderies au sein du camp présidentiel

A la suite de cette offensive de la Chambre haute, le camp de la majorité présidentielle est déjà au bord de la crise de nerfs. Le Premier ministre, Edouard Philippe, est allé jusqu'à bouder la séance habituelle des questions au gouvernement qui se déroule au Sénat. Cette dernière s'est donc transformée en chahut digne d'une classe d'école primaire. Dans l'hémicycle, l'interjection "Il est où ?" est devenue un slogan. Ce genre d'incident est vraiment exceptionnel en France.

D'autres responsables de la majorité ont réagi vivement :

Le délégué général du parti La République en Marche (LREM), Stanislas Guérini, estime qu'il s'agit d'un "procès politique" pour "attaquer le président de la République".

Le chef de file des sénateurs LREM, François Patriat, dénonce une "alliance des socialistes et des Républicains" pour "se venger d'une défaite électorale qu'ils n'ont jamais acceptée".

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, affirme qu'il n'y a "aucun fondement, ni en fait, ni en droit".

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a rétorqué : "Je ne suis en guerre contre personne. Pas contre l'Elysée et personne d'autre".