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Israël riposte après des tirs en provenance de Gaza

Israël riposte après des tirs en provenance de Gaza
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L'armée israélienne a déclenché lundi en fin d'après-midi des frappes dans la bande de Gaza en représailles au tir d'une roquette qui a fait sept blessés au nord de Tel-Aviv dans la nuit, dans une période hautement volatile.

Trois frappes dans l'ouest de Gaza

Des hélicoptères israéliens ont lancé au moins trois frappes dans l'ouest de la bande de Gaza contre un site de la branche armée du mouvement islamiste Hamas. Cette opération survient alors que le Premier ministre israélien arrivait à la Maison Blanche où le président Donald Trump a affirmé que Washington reconnaissait "le droit d'Israël à se défendre" et qualifié d'"attaque méprisable le tir de Gaza". Il a d'autre part signé un décret reconnaissant la souveraineté israélienne sur la partie du plateau du Golan syrien annexée par l'Etat hébreu.

"L'armée israélienne a commencé à frapper des objectifs terroristes appartenant au Hamas à travers la bande de Gaza", a dit l'armée sur les réseaux sociaux. La riposte israélienne, systématique a fortiori quand une roquette touche une zone civile, était attendue, en riposte au tir nocturne en provenance de l'enclave palestinienne coincée entre Israël, Egypte et Méditerranée.

Cet accès de tension réveille le spectre d'une nouvelle confrontation armée entre Israël et Gaza.

L'armée israélienne a accusé le Hamas d'être l'auteur du tir, qui a parcouru 120 km depuis une position du mouvement palestinien dans le sud de la bande de Gaza selon elle. De Washington, M. Netanyahu a dénoncé une "attaque criminelle contre l'Etat d'Israël" et promis de répondre "avec force".

Le Hamas nie

Le Hamas a nié être derrière ce tir. Quant au Jihad islamique, deuxième groupe armé de Gaza, il a prévenu que sa réaction serait à la mesure d'une "agression" israélienne. Ces événements surviennent dans une période hautement sensible, à l'approche des législatives israéliennes prévues le 9 avril.

M. Netanyahu a annoncé qu'il rentrerait aussitôt après avoir été reçu par le président Trump lundi "pour diriger de près nos opérations", alors qu'il devait initialement prononcer un discours mardi devant un grand lobby pro-israélien, puis dîner avec M. Trump.

Israël a annoncé la fermeture des points de passage entre son territoire et l'enclave palestinienne éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien. Il a également bouclé les routes autour de Gaza et interdit les activités agricoles.

Sept blessés

La roquette tirée dans la nuit a frappé une maison à Mishmeret, petite localité au nord de Tel-Aviv. Quatre adultes et trois enfants, dont un bébé de six mois, ont été hospitalisés, a dit l'hôpital de Kfar Saba. Toiture effondrée, murs écroulés, amas de gravats... la maison a été en grande partie détruite, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Les sirènes ont retenti vers 05H18, a indiqué sur place un porte-parole de la police, Ami Ben David. Les occupants de la maison se sont précipités vers la pièce sécurisée que comportent de nombreuses habitations israéliennes précisément pour de telles éventualités. La roquette a crevé la toiture et explosé dans la maison, a-t-il dit. "Sans la sirène, nous aurions connu une tout autre situation", a-t-il précisé.

Anniversaire à hauts risques

Un haut responsable du Hamas a déclaré à l'AFP que la roquette pourrait être partie malencontreusement à cause du mauvais temps.

"Personne au sein des mouvements de résistance, y compris le Hamas, n'a d'intérêt à tirer des roquettes de Gaza contre l'ennemi", a-t-il fait valoir.

Benjamin Netanyahu passe pour être également réticent à une opération militaire d'envergure.

Les tensions renouvelées surviennent quelques jours seulement avant le 30 mars, premier anniversaire de la "Grande marche du retour", mobilisation contre le blocus et pour le droit des Palestiniens à retourner sur les terres qu'ils ont fuies ou dont ils ont été chassés à la création d'Israël en 1948. Cet anniversaire doit donner lieu à une importante mobilisation palestinienne.

Depuis mars 2018, au moins 258 Gazaouis ont été tués par des tirs israéliens, la grande majorité lors de manifestations, souvent accompagnées de violences, le long de la frontière, d'autres dans des frappes israéliennes. Deux soldats israéliens ont été tués.

L'ONU et l'UE ont condamné le tir de Gaza. "Les Nations unies travaillent intensivement avec l'Egypte et toutes les parties" pour empêcher l'escalade, a tweeté l'envoyé de l'ONU Nickolay Mladenov.