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Road trip en Grèce : à la frontière avec la Turquie

Road trip en Grèce : à la frontière avec la Turquie
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Après avoir parcouru 800 km en voiture à travers la Grèce, l'équipe de Road Trip est maintenant sur les rives de la rivière Evros à la frontière entre la Turquie et la Grèce. Bryan Carter et Fay Doulgkeri ont rencontré Thannassis, un pêcheur local qui raconte avoir vu des migrants essayer de traverser la rivière dans des circonstances très difficiles. La rivière Evros, près de la ville d'Alexandropouli, forme une frontière naturelle entre la Grèce et la Turquie. Depuis des années, migrants et réfugiés espèrent atteindre l'Europe, risquent leurs vies en la traversant.

"J'ai vu de mes propres yeux comment un homme peut se noyer, dans seulement un demi-mètre d'eau. C'est comme prendre une pierre et la jeter dans l'eau, il a atteint le fond aussi vite. Il y avait une autre personne à côté de lui, debout; il l'a attrapé dans le dos et l'a sorti de l'eau, je pensais qu'il allait se noyer, il ne savait pas du tout comment nager", raconte Thanassis Kamilaris.

Clôture de 10 km

En traversant la région, l'équipe d'euronews s'est vite rendu compte que l'immigration est ici un sujet sensible. Pour réduire le nombre de passages des réfugiés vers l'Europe, le gouvernement grec a construit en 2012 une clôture de 10 kilomètres sur la seule partie de la frontière entre la Grèce et la Turquie qui n'est pas séparée par la rivière Evros. Cela n'a toutefois pas empêché certaines personnes d'essayer de la franchir.

Il s'agit d'une zone très sensible à cause des relations tendues entre la Turquie et la Grèce et les flux migratoires sans fin. Ils sont plus importants bien sûr pendant l'été et le printemps parce que les réfugiés et les migrants traversent plus facilement la rivière.

Demandes d'asile

L'équipe s'est ensuite rendue dans un centre d'accueil fermé où vivent 250 personnes, venue pour la plupart de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan, du Pakistan. La moitié d'entre elles sont des mineurs ou de jeunes adultes. Plusieurs famille irakiennes sont logées ici. Comme tous les autres réfugiés ici, elles attendent que leur procédure de demande d'asile soir complète, ce qui peut prendre plusieurs semaines. Des dessins d'enfants sur les murs illustrent souvent le difficile voyage qu'ils ont dû faire pour arriver ici, d'autant que la clôture à la frontière a contraint nombre d'entre eux à braver l'eau de la rivière .

"Des clôtures ou d'autres mesures n'arrêteront pas le flux de réfugiés. Mais peut conduire à des points de passage dangereux aux conséquences grave sur la vie ou la santé", explique Margaritis Petritzikis, du Haut commissariat pour les réfugiés.

La rivière Evros n'est pas le seul plan d'eau traversé par les migrants. Récemment, des passeurs ont ouvert une nouvelle route, amenant les réfugiés par bateau directement de Turquie à Alexandropouli.

Noyades, vies perdues...

Thanassis Tsolakis est journaliste. Il a été le témoin de l'arrivée de plusieurs dizaines de réfugiés dans le port d'Alexandropouli. Voici son analyse. "Si cette route migratoire est davantage empruntée, ça sera un désastre humanitaire. Nous aurons un sérieux problème. Il y aura plus de noyades. Il y aura davantage de vies perdues et c'est un sujet nouveau pour les autorités".

La situation géographique d'Evros la place au premier rang de la route migratoire en provenance d'Asie et du Moyen-Orient. Indépendamment des mesures de sécurité prises par la Grèce, l'envie d'aller en Europe poussera encore de nombreux réfugiés à risquer leur vie pour tenter de l'atteindre.

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