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Venezuela: premier tête à tête entre délégués de Maduro et Guaido à Oslo la semaine prochaine

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Des délégués du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son rival Juan Guaido vont se rencontrer pour la première fois en tête à tête la semaine prochaine à Oslo, dans le cadre de la médiation norvégienne, a annoncé samedi l'opposant.

Dans un communiqué, M. Guaido a indiqué que ses représentants "s'entretiendront aussi bien avec le gouvernement norvégien qu'avec les représentants du régime" de M. Maduro.

Alors que le Venezuela est confronté à la pire crise politique et économique de son histoire récente, le gouvernement de Nicolas Maduro et l'opposition regroupée derrière Juan Guaido ont accepté une médiation de la Norvège.

La semaine dernière à Oslo, les délégations s'étaient réunies séparément avec leurs hôtes norvégiens mais n'avaient eu aucun contact bilatéral.

Le ministère norvégien des Affaires étrangères avait indiqué plus tôt samedi que les camps Guaido et Maduro avaient décidé de retourner à Oslo la semaine prochaine. "Nous réaffirmons notre engagement à continuer à soutenir la recherche d'une solution négociée entre les parties au Venezuela", avait ajouté le ministère.

La Norvège, pays qui décerne le Prix Nobel de la paix, a une longue tradition de médiation dans les conflits internationaux. Elle a notamment facilité le dialogue entre le gouvernement colombien et les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui a débouché sur un accord de paix historique en 2016.

M. Guaido, qui s'est autoproclamé président par intérim du Venezuela en janvier et a été reconnu comme tel par une cinquantaine de pays, s'est montré jusqu'à présent prudent face à la médiation norvégienne.

Ce type de processus est impopulaire dans l'opposition, échaudée par quatre tentatives depuis que Nicolas Maduro a pris le pouvoir en 2013, toutes soldées par des échecs. M. Guaido avait affirmé que toute médiation devrait déboucher sur le départ de M. Maduro et sur de nouvelles élections.

"Nous avons tout fait et nous allons insister, parce que c'est en combinant toutes les stratégies, tous les outils, que nous allons finir par franchir le pas décisif", a-t-il avancé samedi. Mobilisations de "rue, pression diplomatique, coopération internationale, Groupe de contact, diplomatie, Norvège, Groupe de Lima, tout ce que nous allons faire, ce sera à visage découvert devant les nôtres", a-t-il ajouté.

Pour Juan Guaido et ses partisans, Nicolas Maduro est un "dictateur", un "usurpateur" qui se maintient au pouvoir à la faveur de l'élection présidentielle "frauduleuse" de l'an dernier. A l'inverse, le président socialiste qualifie ses adversaires de l'opposition de "putschistes" soutenus par l'"Empire nord-américain".

- Pénurie de carburant -

Les Etats-Unis, qui reconnaissent Juan Guaido comme président légitime, n'ont pas écarté l'option militaire pour renverser Nicolas Maduro. Washington a infligé des sanctions à Caracas, dont un embargo pétrolier en vigueur depuis le 28 avril.

Cet embargo a provoqué une pénurie de carburant au Venezuela, qui possède pourtant les plus importantes réserves de brut au monde. Faute de capacités de raffinage suffisantes, le pays achète en effet une partie de l'essence qu'il consomme à des entreprises américaines, ce qui est désormais rendu difficile par les sanctions. Selon l'opposition, le pays manque d'environ 100.000 barils par jour pour faire face à ses besoins internes.

Depuis une semaine, des pénuries de carburant affectent plusieurs régions du Venezuela, obligeant les automobilistes à faire la queue pendant parfois plusieurs jours devant les stations-service. Dans les Etats de Tachira (ouest) et de Bolivar (sud), ces pénuries ont entraîné la fermeture des écoles et laissé les banques sans argent liquide, les convoyeurs de fonds ne pouvant circuler faute d'essence.

"Malgré les sanctions, malgré toutes les difficultés, nous allons être aux côtés de notre peuple, pour vous garantir que vous aurez du combustible", a assuré le ministre du Pétrole, Manuel Quevedo, à la télévision publique VTV, promettant un "plan de rétablissement du raffinage national" pour augmenter la production d'essence.

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