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Salomé Zourabichvili : "La stabilité, notre priorité"

Salomé Zourabichvili : "La stabilité, notre priorité"
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Depuis jeudi, la capitale géorgienne, Tbilissi est le théâtre de manifestations importantes dénonçant l'influence russe au sein du gouvernement. C'est l'intervention d'un député russe au Parlement qui a mis le feu aux poudres. Vendredi, au moins 15 000 personnes ont répondu à l'appel de l'opposition et se sont retrouvés devant le Parlement. Le leader de principal parti d'opposition, Grigol Vachadzé, appelle à des élections législatives anticipées, une réforme électorale et la démission du ministre de l'Intérieur. De son côté, le président russe Vladimir Poutine a réagi en interdisant aux compagnies aériennes russes de voler vers la Géorgie.

Euronews a pu s'entretenir en exclusivité avec la présidente du pays, l'ancienne diplomate française Salomé Zourabichvili, en poste depuis décembre 2018.

Katelina Dartford, Euronews : "Merci de nous rejoindre aujourd'hui sur Euronews. Nous évoquons ce rassemblement anti-russe massif qui a eu lieu à Tbilissi. Comprenez-vous la raison de la colère de ces manifestants ?"

Salomé Zourabichvili, présidente de la Géorgie : "Je pense que la réaction de la population est tout à fait naturelle mais je ne pense pas qu'il faille continuer dans cette direction. Ce dont ce pays a besoin par-dessus tout est le calme et la stabilité intérieure parce que c'est notre plus grande force. Il y a un problème politique avec la Russie et chacun espère qu'il sera résolu un jour. Mais dans le même temps, la Géorgie se développe. Nous avons notre propre voie à l'égard de l'Union européenne et c'est ce qui est le plus important."

Euronews : "Vous avez rendu Moscou responsable des troubles, évoquant le rôle d'une cinquième colonne, loyale à Moscou. Pouvez-vous développer et nous dire quelles sont vos impressions ?"

Salomé Zourabichvili : "Je pense que dans ce pays comme dans beaucoup d'autres, il y a des tentatives de déstabilisation et c'est quelque chose auquel nous devrions être très attentifs. Il est très facile dans un pays comme celui-là de jouer sur les affects de la population et d'agiter des fantasmes."

Euronews : "Compte tenu des tensions avec Moscou, comment voyez-vous se développer les relations de la Géorgie avec l'UE ?"

Salomé Zourabichvili : "Et bien nous avons un chemin et une perspective, et c'est l'Union européenne. Les tensions avec Moscou ont existé mais elles n'ont pas empêché, par exemple, un million et demi de touristes de venir dans notre pays sans aucun incident entre la population et ces touristes."

Euronews : "Quelle est votre réponse à la décision de Vladimir Poutine de suspendre les vols vers la Géorgie ?"

Salomé Zourabichvili : "La réponse est que les touristes devraient continuer de venir parce qu'ils adorent la Géorgie. Les responsables politiques doivent résoudre les problèmes qui sont à la base de ce qui s'est passé et résoudre ces problèmes signifie réunifier les territoires géorgiens. Mais ça ne devrait pas affecter les touristes, ni la population. Cela ne devrait pas affecter la stabilité qui a prévalu en Géorgie malgré tout."

Euronews : "Brièvement, quelles sont les prochaines étapes ?"

Salomé Zourabichvili : "Nous devrions assister à une désescalade car personne, ni la Géorgie ni l'UE n'a besoin d'un nouveau point de tension dans la région, la grande région. Ce n'est certainEment pas ce que va rechercher la Géorgie. Et nous continuerons ce que nous faisons, c'est-à-dire répondre de manière pacifique aux tentatives de créer des tensions."

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