Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Verts et extrême-droite transformeront-ils l'essai des européennes ?

Verts et extrême-droite transformeront-ils l'essai des européennes ?
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

Dans le cadre d'une édition d'Insiders consacrée aux points-clés des dernières élections européennes, nous faisons le point sur la montée du vote vert et de l'extrême-droite dans l'Union européenne avec deux de nos reporters.

L'une s'est rendue à Lampedusa, île du sud de l'Italie qui se divise sur l'immigration et où près de la moitié des électeurs ont voté pour la Ligue de Matteo Salvini. L'autre est parti en Pologne et nous donne son éclairage sur le succès électoral du parti ultraconservateur au pouvoir sur place Droit et justice. Tous deux évoquent les chances de ces deux familles de formations politiques à réitérer leurs résultats lors d'élections nationales.

Sophie Claudet, productrice exécutive d'Insiders :

"Valérie Gauriat, vous revenez d'Italie. Le score de la formation de Matteo Salvini s'explique-t-il en partie ou totalement par un très fort sentiment anti-immigration ou un autre facteur joue-t-il, à savoir l'économie ?"

Valérie Gauriat, reporter d'Insiders :

"Le sentiment anti-immigration est évidemment un élément très important, mais effectivement, ce n'est pas le seul. Concernant l'immigration, de nombreux supporters de Salvini nous ont dit qu'ils ne sont pas tant en colère contre les migrants que contre la manière dont les responsables politiques nationaux et européens traitent la question. Ils ont le sentiment que l'Italie a assumé bien plus que sa part du fardeau et n'a rien reçu en retour. C'était très flagrant à Lampedusa. Les gens disent que l'île n'a pas assez d'infrastructures, que les emplois manquent et qu’ils en ont assez. Donc le mot d'ordre de Salvini "L'Italie d'abord" et ses promesses par exemple de baisser les impôts étaient très séduisants pour de nombreux supporters de la Ligue."

Immigration et économie : les thèmes qui alimentent le vote Salvini

Sophie Claudet :

"Mais est-ce juste de dire que les problèmes économiques de l'Italie étaient antérieurs à l'arrivée des migrants ?"

Valérie Gauriat :

"Absolument. L'Italie a traversé une crise financière très sévère comme le reste de l'Europe et en particulier, le sud de l'Europe. Donc les arguments économiques sont essentiels et les gens disent que Salvini est aujourd'hui le seul en qui ils peuvent avoir confiance parce que tous les autres n'ont pas tenu leurs promesses."

En Espagne, "Vox est plutôt jeune"

Sophie Claudet :

"Vous parliez du sud de l'Europe. Vous avez tourné un reportage en Espagne il y a quelques mois pour Insiders, sur l'essor de Vox. Ce parti d'extrême-droite n'a pas décroché tant de voix que cela lors des européennes. Qu'en pensez-vous ?"

Valérie Gauriat :

"C'est vrai qu’ils n'ont pas fait aussi bien lors des élections nationales et européennes que lors du scrutin régional en Andalousie l’hiver dernier. Et les observateurs nous ont dit que l'une des raisons à cela, c'est que ce parti est plutôt jeune, qu'il n'est pas très bien structuré, pas très organisé, il n'a pas eu le temps de construire une véritable machine de campagne politique. Donc c’est l’une des raisons et une autre pourrait être que certains de ses soutiens, venus des partis traditionnels, ont été un peu refroidis par certaines des positions les plus radicales de Vox, notamment sur les questions de parité hommes-femmes, qui sont très sexistes. Cela a pu être dissuasif."

Droit et justice confirme en Pologne

Sophie Claudet :

"Merci, Valérie. Damon Embling, vous vous êtes rendu en Pologne pour Insiders. Vous avez aussi parcouru l'Europe pour euronews. En Pologne, le parti Droit et justice a obtenu de très bons résultats lors des européennes. Vous vous y attendiez, non ?"

Damon Embling :

"Oui, peut-être. Le parti Droit et justice - appelé PiS en Pologne - a le vent en poupe depuis quelque temps et ses représentants ont transformé ces européennes en bataille contre les idées libérales de l'ouest considérées comme une menace pour le mode de vie traditionnel polonais. La Pologne est un pays très catholique, donc le PiS a bénéficié de cela et les thèmes comme l'immigration sont aussi majeurs dans le pays. Le gouvernement est très anti-immigration, pourrait-on dire, et les gens à qui j'ai parlé sur place m'ont dit : "On n'est pas tant que ça contre les immigrés, mais on a vu le flux incontrôlé d'immigrés dans les autres pays et on ne veut pas de ça ici." Le PiS s'en est bien sorti lors des européennes tout comme la coalition d'opposition. Des élections nationales sont prévues d'ici la fin de cette année, donc le rapport de force est posé. On verra ce qui va se passer."

De nouveaux succès lors des scrutins nationaux ?

Sophie Claudet :

"Passons à cette vague verte lors des européennes. Selon vous, est-il probable qu'elle se répète lors des scrutins nationaux ?"

Damon Embling :

"Les écologistes ont gagné du terrain lors de ces européennes dans des pays comme la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Finlande. Leur progression a été importante. Il peut y avoir de nombreuses raisons à cela. Peut-être que les gens en ont assez des politiques populistes et nationalistes qu'on a vues émerger en Europe ces dernières années. Ou peut-être que c'est à cause de sujets comme le changement climatique. Il y a eu une forte pression sur ce thème avec la lycéenne suédoise Greta Thunberg qui a incité de nombreux jeunes à manifester pour le climat. Plusieurs études montrent que lors de ces européennes, les jeunes ont voté pour les écologistes. Quant à savoir si ces représentants pourraient être portés au pouvoir lors d'élections nationales, ce n'est pas certain, mais ils pourraient intégrer des coalitions. Donc dans plusieurs pays européens, les partis traditionnels ont peut-être du souci à se faire."

Sophie Claudet :

"Valérie, pensez-vous que la montée de l'extrême-droite lors de ces européennes se produira de nouveau lors des scrutins nationaux ? Je pense à la France et à l'Italie."

Valérie Gauriat :

"La réponse dépend en partie de la manière dont les partis traditionnels tiendront compte ou non des messages que les électeurs leur ont clairement adressés. Il est probable que certains de ces partis essaieront de reprendre certaines idées d'extrême-droite comme on l'a vu en Hongrie et en Pologne, et même si les partis d'extrême-droite ne réalisent pas de bons scores, il est certain qu'ils seront représentés au niveau politique d'une manière ou d'une autre. Et il ne faut pas oublier qu'ils ont doublé leur score au Parlement européen. Ils ont maintenant 10% des sièges d'eurodéputés, contre 5% auparavant."