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Yémen : une frappe de l'Arabie saoudite fait plus de 100 morts

Yémen : une frappe de l'Arabie saoudite fait plus de 100 morts
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Une frappe de la coalition emmenée par l'Arabie saoudite sur un centre de détention tenu par les rebelles Houthis a fait plus de 100 morts au Yémen, a estimé dimanche la Croix-Rouge (CICR), affirmant qu'elle s'efforçait de fournir une "aide médicale urgente" aux victimes.

La coalition emmenée par l'Arabie saoudite intervient au Yémen depuis 2015 pour soutenir les forces progouvernementales contre les rebelles qui contrôlent de vastes zones de l'ouest et du nord du Yémen dont la capitale Sanaa depuis 2014.

Dimanche, la coalition a annoncé avoir mené des raids aériens contre une "position militaire où sont stockés des drones et des missiles" dans la ville de Dhamar, dans l'ouest du pays en guerre, selon un communiqué relayé par la chaîne de télévision saoudienne Al-Ekhbariya.

Franz Rauchenstein, à la tête du CICR au Yémen, a indiqué depuis Dhamar que "plus de 100 personnes ont été tuées" dans cette frappe.

Des équipes médicales du CICR se sont rapidement rendues avec des sacs mortuaires sur le lieu visé, que l'organisation avait visité dans le passé, "un bâtiment universitaire qui a été vidé et utilisé comme un centre de détention pendant un temps", selon M. Rauchenstein.

"Frapper un tel bâtiment est choquant et triste, les prisonniers sont protégés par la loi internationale", a rappelé M. Rauchenstein. Au moins 40 blessés ont été hospitalisés dans plusieurs hôpitaux de Dhamar, selon lui.

"A l'heure à laquelle nous parlons, les équipes (du CIRC) sont en train de travailler sans relâche pour trouver des survivants sous les décombres", dont les chances de survie sont "très faibles", a-t-il ajouté.

Des vidéos obtenues montrent un bâtiment gravement endommagé et plusieurs corps gisant sous les décombres, tandis que des bulldozers déblayent les débris.

Crimes de guerre

Depuis 2014, le conflit a fait des dizaines de milliers de morts dont de nombreux civils d'après des ONG, et plongé ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU.

Les Houthis comme l'Arabie saoudite et ses alliés sont accusés de violations qui pourraient être considérées comme des crimes de guerre. L'ONU avait placé en 2017 la coalition sur sa liste noire des pays et entités commettant lors de conflits des exactions contre des enfants.

Lors de sa frappe dimanche matin, la coalition a affirmé avoir "pris toutes les mesures de précaution nécessaires pour protéger les civils".

Les Houthis ont eux assuré sur leur chaîne de télévision Al-Masirah que "des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées" dans sept frappes, sans indiquer s'il s'agissait de civils. Le bâtiment visé servait de prison, ont-ils dit.

Ces frappes interviennent alors qu'un nouveau front s'est ouvert dans la guerre. La coalition est ébranlée depuis plusieurs semaines par des combats internes dans le sud entre les séparatistes sudistes yéménites, soutenus par les Emirats arabes unis, et les forces progouvernementales, soutenues par Ryad.

Début août, les séparatistes ont pris le contrôle de la ville d'Aden, devenue la "capitale provisoire" du gouvernement après la prise de Sanaa par les Houthis.

Le gouvernement a accusé les Emirats arabes unis de "coup d'Etat". Selon des analystes, ces affrontements dans le sud sont un test pour Ryad, qui espère un cessez-le-feu, pour pouvoir se concentrer sur la guerre contre les rebelles, soutenus par son rival iranien.

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