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Canicule en Europe : l'UE refuse de trancher sur la climatisation

La vague de chaleur de juin bat des records historiques en Europe
La vague de chaleur de juin bat des records historiques en Europe Tous droits réservés  Manu Fernandez/Manu Fernandez
Tous droits réservés Manu Fernandez/Manu Fernandez
Par Jorge Liboreiro
Publié le
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La Commission européenne assure que ce n'est pas son rôle de dicter les choix des consommateurs, mais qu'elle doit garantir une transition à la fois efficace et efficiente vers la neutralité climatique.

Alors que l'Europe connaît des pics de chaleurs jamais vus, la Commission européenne a refusé de prendre position dans le débat, de plus en plus polémique, sur la climatisation, estimant qu’il ne revient pas à l’exécutif de l’UE de dicter les choix des consommateurs.

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Environ 20 % des ménages européens sont équipés de climatiseurs, contre 90 % ou plus aux États-Unis, au Japon et en Corée du Sud.

Cette absence criante de systèmes de refroidissement est devenue un détonateur politique après qu’une vague de chaleur meurtrière a fait au moins 1 300 morts en Europe et déclenché une recherche désespérée de solutions de fortune pour rendre le quotidien supportable.

"Nous savons que la plupart des immeubles d’habitation et des appartements dans l’Union européenne ne disposent pas de climatisation. Ce n’est pas quelque chose qui est intégré traditionnellement, d’autant qu’une grande partie de notre parc de logements est en réalité assez ancienne", a déclaré, ce lundi 29 juin, Anna-Kaisa Itkonen, porte-parole de la Commission européenne pour le climat.

"Avoir une position sur la climatisation, pour ou contre, pas vraiment, mais nous traitons ce sujet comme un domaine de politique publique lié à la rénovation et à l’efficacité énergétique des bâtiments et des logements, ainsi qu’à notre stratégie en matière de logement", a-t-elle ajouté.

Interrogée par Euronews sur l’opportunité pour la Commission de se prononcer, au vu de l’importance politique croissante du sujet, la porte-parole a indiqué que la priorité de l’exécutif était de garantir une transition à la fois efficace et efficiente vers la neutralité climatique.

L’exécutif a toutefois laissé la porte entrouverte à une révision de cette neutralité si le contexte politique venait à évoluer. "C’est aussi une question que nous devons examiner au regard de nos compétences : dans quelle mesure la Commission doit-elle dire aux citoyens ce qu’ils doivent ou ne doivent pas faire ?", a expliqué Anna-Kaisa Itkonen.

"L’enfer de la semaine dernière n’était probablement qu’un avant-goût de ce qui nous attend pour le reste de l’été, il n’est donc pas exclu que ce sujet fasse aussi l’objet de discussions au niveau politique et, alors, évidemment, nous prendrons des mesures en fonction des signaux envoyés par nos États membres", a-t-elle poursuivi.

"Mais, en définitive, s’agissant des climatiseurs dans les foyers privés, ce sont des questions sur lesquelles la Commission ne va pas jusqu’à dire aux gens comment ils doivent s’y prendre."

Climatisation : un enjeu politique

Les systèmes de climatisation ont toujours divisé les Européens. Selon leurs détracteurs, la climatisation augmente la demande d’électricité, met les réseaux sous tension, rejette de l’air chaud dans l’atmosphère et ne s’attaque pas aux causes profondes de la crise climatique.

Ses partisans estiment au contraire qu’il s’agit d’un outil approprié pour garantir des conditions de vie supportables et maintenir la productivité du travail face à des températures caniculaires.

En France, le Rassemblement national (RN), parti d’extrême droite en tête des sondages à l’approche de l’élection présidentielle de l’an prochain, a évoqué un déploiement massif et subventionné de systèmes de climatisation. Même la cheffe des écologistes, Marine Tondelier, a reconnu que la climatisation "devenait" nécessaire.

Consciente de la polémique, la Commission avance avec une prudence palpable sur ce sujet sensible et affirme que l’enjeu principal ne réside pas dans les climatiseurs eux-mêmes, mais dans la source d’énergie qui les alimente.

En 2025, environ 47 % de toute l’électricité produite dans l’UE provenaitdes énergies renouvelables.

La Commission doit présenter le mois prochain un plan d’action pour l’électrification, avec de nouvelles mesures visant à électrifier les systèmes de chauffage et de refroidissement du bloc.

"En fin de compte, ces décisions sur ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire relèvent évidemment des compétences des États membres", a déclaré Anna-Kaisa Itkonen.

Le débat sur la climatisation intervient dans le cadre d’une remise à plat plus large du Pacte vert, l’ensemble de lois que l’UE a déployé pour atteindre la neutralité climatique, c’est-à-dire l’équilibre parfait entre émissions et absorption de gaz à effet de serre, d’ici 2050.

Si l’échéance de 2050 reste maintenue, nombre des dispositifs qui sous-tendent cette transformation ont été largement simplifiés sous la forte pression des gouvernements et de l’industrie. La Commission n’utilise plus le terme "Pacte vert" dans ses communications officielles et parle désormais de "zéro émission nette" et de "décarbonation".

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