Euronews n'est plus accessible sur Internet Explorer. Ce navigateur n'est plus supporté par son éditeur, Microsoft, et les dernières fonctionnalités techniques de notre site ne peuvent plus fonctionner correctement. Nous vous encourageons à utiliser un autre navigateur, tels que Edge, Google Chrome ou Mozilla Firefox.
DERNIERE MINUTE

Les compagnies de VTC bientôt obligées d'employer leurs chauffeurs en Californie ?

Les compagnies de VTC bientôt obligées d'employer leurs chauffeurs en Californie ?
Tous droits réservés
REUTERS/Brendan McDermid/
Euronews logo
Taille du texte Aa Aa

Serait-ce là l'une des premières atteintes à "l'uberisation" de nos sociétés ? Le parlement de Californie a en effet porté un coup dur aux porte-drapeaux de la "gig economy", l'économie des employés indépendants, comme Uber ou Lyft, dont les chauffeurs aujourd'hui sans protection ni garanties pourraient bientôt bénéficier du statut d'employé. Un exemple qui pourrait avoir un effet boule de neige.

L'Assemblée de Californie a adopté le 11 septembre, à 61 voix pour et 16 contre, le projet de loi AB5 qui pourrait contraindre les géants de la réservation de voitures à requalifier les chauffeurs de VTC en employés, alors qu'ils sont pour l'heure considérés comme des travailleurs indépendants. La veille, le texte avait été également validé par le Sénat de l'Etat par 29 voix pour et 11 contre.

Lorena Gonzalez, membre démocrate du Sénat de Californie, à l'origine du projet de loi

Le projet de loi doit désormais être approuvé par le gouverneur de l'Etat Gavin Newsom, qui s'y est déjà déclaré favorable.

Selon le Wall Street Journal, M. Newsom a toutefois affirmé avoir l'intention de "rester à la table des négociations et de continuer à négocier" même s'il ne parvenait pas à trouver un accord avec Uber et Lyft avant la fin de la session parlementaire.

A la Bourse new-yorkaise, l'action de Lyft a gagné 2,38% et celle de Uber 1,46%. Ces deux titres en ont bien besoin ayant affiché des performances médiocres depuis leur entrée en bourse et continuant à enregistrer de lourdes pertes trimestre après trimestre.

Un projet de loi pour protéger les chauffeurs

Uber a réagi mercredi en contestant que le nouveau texte entraînerait une requalification automatique de ses conducteurs en employés.

"Le projet de loi ajoute un nouveau test légal au code du travail californien qui devra être utilisé pour déterminer si un travailleur est qualifié d'indépendant ou d'employé", a défendu Tony West, le directeur juridique d'Uber.

Uber comme Lyft s'opposent à tout changement de statut de leurs conducteurs.

Les deux groupes ont d'ailleurs confirmé qu'ils organiseraient un vote populaire, comme l'autorise la loi californienne, afin de "demander aux électeurs de soutenir les mesures favorables aux chauffeurs", selon Tony West.

Mais pour Lorena Gonzalez, membre démocrate du Sénat de Californie à l'origine du texte, le projet vise justement à protéger les conducteurs et à forcer les entreprises à payer leurs charges sociales.

"On ne peut pas rester sans rien faire alors que ces entreprises font payer aux contribuables californiens et aux entreprises responsables leurs charges et privent des millions de travailleurs des protections du droit du travail auxquelles ils ont droit", a indiqué Lorena Gonzalez dans un communiqué.

En cas d'adoption, cette loi, qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2020, pourrait remodeler en profondeur l'économie du partage et valoir d'exemple aux Etats-Unis et dans le monde entier.

"C'est une bonne nouvelle pour les conducteurs et leurs défenseurs lorsque les législateurs écoutent et se mettent à travailler pour eux après des années d'efforts", a commenté Moira Muntz, porte-parole d'un syndicat de chauffeurs de VTC à New York.

La fédération des syndicats californiens a, elle, réagi en indiquant que la portée de ce texte était nationale, en déclarant sur Twitter que c'était "une grande victoire pour tous les travailleurs du pays".

Bernie Sanders a, lui aussi, salué le vote des parlementaires de l'Etat de Californie. L'emblématique figure de la gauche américaine a affirmé que "les chauffeurs d'Uber sont des employés et non des entrepreneurs indépendants. Les grandes entreprises sont prêtes à tout pour éviter de payer un salaire décent aux travailleurs et de leur offrir de bons avantages sociaux" en ajoutant que "Cela prendra fin lorsque nous serons à la Maison-Blanche".