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À Barcelone, la guerre des drapeaux fait rage

À Barcelone, la guerre des drapeaux fait rage
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Des drapeaux pro-indépendance, des drapeaux espagnols, des rubans jaunes, symboles du soutien aux dirigeants séparatistes incarcérés… À Barcelone, les balcons sont devenus la ligne de front d'une guerre larvée entre indépendantistes et unionistes. Et les propriétaires tentent d'y mettre un terme, non sans mal.

« Ce sont les syndicats de copropriété, lorsqu'ils voient que leurs façades sont couvertes depuis des mois voire des années d'éléments extérieurs, qui demandent aux administrateurs de faire le nécessaire pour que ces éléments soient retirés », explique Josep María Aguilá, avocat chez un administrateur de biens.

Un clivage toujours très marqué

D'après un récent sondage, les Catalans restent divisés à parts égales entre les partisans de la sécession et ceux qui veulent préserver l'attachement à Madrid. Deux ans après le référendum et l'éphémère proclamation d'indépendance, ce clivage hante encore les rues de Barcelone.

« Nous sommes fatigués de ces guerres de balcons. On ne devrait pas exhiber ces drapeaux », se lamente Carmen, une habitante de Barcelone.

« Ils rognent chaque fois plus sur nos libertés, s'insurge au contraire Mila. Nous avons de moins en moins de droits. Mais moi, je continuerai de déployer mon drapeau, un drapeau séparatiste évidemment. »

« Dans mon immeuble, il y a le cas d'un propriétaire qui affiche des symboles indépendantistes et qui ne veut pas les retirer », regrette Marcos.

Une interdiction figurant sur la moitié des contrats de location

Jusqu'à 50 % des contrats de location désormais signés à Barcelone interdisent aux occupants de déployer des drapeaux sur leurs balcons. La liberté d'expression devrait-elle prévaloir sur les préoccupations des propriétaires ? Pour Josep María Aguilá, la question ne se pose pas en ces termes.

« Si vous vous baladez dans la rue avec un drapeau sur le dos, ça n'engage que vous, dit-il. Mais si vous déployez le drapeau sur une façade qui appartient à une copropriété, alors votre liberté empiète sur ma liberté. »

La guerre des drapeaux, qui se livre aussi sur les façades des institutions régionales, pourrait connaître un nouveau rebondissement. Car à l'approche des nouvelles législatives le 10 novembre, la commission électorale a demandé au gouvernement catalan de retirer tous les signes partisans.

Autre source de fébrilité : le verdict attendu dans l'affaire des indépendantistes jugés pour la tentative de sécession de 2017. Il devrait tomber d'ici le 16 octobre.

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