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Brexit : les universitaires italiens vont-ils quitter le Royaume-Uni ?

Brexit : les universitaires italiens vont-ils quitter le Royaume-Uni ?
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Le Brexit va-t-il mettre fin à la fuite des cerveaux vers le Royaume-Uni ? Pendant longtemps, le pays a été une « Mecque » pour les chercheurs et professeurs étrangers, notamment les Italiens. Ils sont 5700 à travailler en Grande-Bretagne où ils représentent la 2ème plus grande communauté scientifique étrangère.

Mais depuis 2016, la situation a évolué. Selon une étude publiée après le référendum, ils étaient 82% à vouloir changer de pays. Et un tiers d'entre eux voulait retourner en Italie.

Le prestige des universités britanniques remit en cause ?

C’est le cas du Professeure Spaventa qui vient de trouver un nouveau poste à l’université privée de Bocconi à Milan, après avoir passé 20 ans au Royaume-Uni à enseigner le droit. Selon elle, le prestige des universités britanniques va être affecté par le Brexit.

« Il y a déjà un petit nombre de candidats, alors si en plus vous imposez des contrôles d’immigration sur les universitaires, cela affectera la qualité de la recherche et des collègues que vous aurez », avance le professeure Spaventa.

Une expérience "douloureuse"

Mais le « Brexodus », le retour des étrangers dans leur pays, est bien plus complexe. Ceux qui quittent la Grande-Bretagne le font pour des raisons différentes. Costanza de Toma a été l’une des instigatrices de la campagne de protection des droits des citoyens européens. Elle vient de regagner Turin. Elle souhaite prodiguer des conseils aux Italiens qui traversent ce qu’elle appelle une expérience « douloureuse ».

« C’était choquant. Je me suis sentie tellement trahie. C’était un peu comme si j’avais découvert que mon mari avait liaison. C’était comme si quelqu’un dans la famille était mort. Le pays que vous avez adopté. Le pays où vous aviez décidé de vous installer vous trahi, c’est encore plus douloureux que si c’était notre pays de naissance », confie Costanza de Toma.

L’avenir incertain du financement des universités britanniques incite aussi les universitaires à partir.

« On ne sait pas si la Grande-Bretagne sera capable de remplacer les fonds perdus qui venaient de l’Union Européenne. Ce sera plus difficile de continuer, de poursuivre sa carrière dans le monde scientifique et de la recherche », sougline Donatella Sciuto, la vice-rectrice de l'Université Polytechnique de Milan.

Le retour compliqué des chercheurs en Italie

L’Italie est-elle prête à accueillir ces chercheurs ? Cela représente un défi périlleux, surtout pour les universités publiques. Lorsque le Professeur Bellettini a lancé un appel pour les attirer, il a été confronté à une amère réalité.

« Le nombre de personne qui vivaient au Royaume-Uni et qui ont montré un intérêt pour revenir a augmenté de façon exponentielle comparé au passé. Mais seulement une demande sur 30 a été acceptée. C’est assez déprimant. Nous devons faire face à de nombreuses différents types de restrictions bureaucratiques. Elles décourageraient n’importe qui, surtout ceux qui viennent de l’étranger », explique Giorgio Bellettini, le directeur du service d'économie de l'Université de Bologne.

Beaucoup ont l’impression que l’Italie passe à côté d’une opportunité puisque des professionnels hautement qualifiés veulent se réinstaller dans le pays. Mais malgré leur envie, une fois qu’ils sont partis, le retour est compliqué.

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