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L'ex-président bolivien Evo Morales est arrivé au Mexique

REUTERS/Luis Cortes
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L'ex-président bolivien Evo Morales, qui s'est dit menacé dans son pays, est arrivé mardi au Mexique, où il a obtenu l'asile politique, tandis que le Sénat à La Paz doit désigner le chef de l'Etat par intérim.

L'avion militaire mexicain qui transportait M. Morales s'est posé à l'aéroport de Mexico peu après 17h00 GMT.

"La lutte continue", a promis M. Morales, pantalon noir et polo bleu ciel, affirmant qu'il ne cesserait pas de "faire de la politique". "Tous les peuples ont le droit de se libérer", a-t-il dit, après avoir remercié le Mexique de lui avoir "sauvé la vie".

Il était notamment accompagné de l'ancien vice-président Alvaro Garcia Linera et de l'ex-ministre de la Santé, Gabriela Montaño.

"Frères et soeurs, je pars pour le Mexique", avait tweeté lundi soir Evo Morales, qui a démissionné dimanche après avoir été lâché par l'armée. "Ça me fait mal d'abandonner le pays pour des raisons politiques, mais (...) je reviendrai bientôt avec plus de force et d'énergie".

Le chef de l'Etat s'était retrouvé de plus en plus isolé tandis que la crise politique s'accélérait soudainement en Bolivie, où grève générale et manifestations paralysaient l'activité depuis une dizaine de jours

Sur une photo diffusée via Twitter par Marcelo Ebrard, on voit l'ex-chef de l'Etat dans un avion et recouvert d'un drapeau mexicain qu'il tend à deux mains.

Le ministre mexicain avait assuré plus tôt que son gouvernement avait été sollicité par M. Morales : "Il nous a demandé verbalement et de façon officielle de lui accorder l'asile politique".

La Bolivie, sans gouvernement

"Après avoir pillé et tenté d'incendier ma maison à Villa Victoria, des groupes de vandales des putschistes [Carlos] Mesa et [Luis Fernando] Camacho ont fait irruption chez moi dans le quartier de Magisterio à Cochabamba. Je suis très reconnaissant à mes voisins qui ont arrêté ces raids", a tweeté Evo Morales.

M. Mesa est le candidat d'opposition qui réclamait un second tour à la dernière élection présidentielle et M. Camacho le fer de lance de la révolte populaire contre le résultat du scrutin de fin octobre jugé frauduleux.

Dans la foulée du président socialiste, ont également démissionné les successeurs prévus par la Constitution dans l'hypothèse d'un départ du chef de l'Etat, à savoir le vice-président Alvaro Garcia Linera, la présidente et le vice-président du Sénat ainsi que le président de la Chambre des députés, entraînant une vacance du pouvoir.

90 jours pour convoquer une nouvelle élection présidentielle

C'est donc la deuxième vice-présidente du Sénat, Jeanine Añez, qui a revendiqué la présidence par intérim, disant mardi espérer être désignée par la chambre haute, où les partisans d'Evo Morales sont majoritaires (19 des 36 sièges).

"C'est l'objectif (devenir mardi présidente par intérim), j'espère que nous allons y arriver", a-t-elle déclaré aux médias en arrivant au Parlement.

"Nous ne pouvons pas être sans gouvernement", a ajouté cette sénatrice de l'opposition de 52 ans, qui avait annoncé lundi son intention de "convoquer des élections" pour avoir "un président élu le 22 janvier". Avant la crise, c'est à cette date que la prise de fonctions du prochain chef de l'Etat devait intervenir.

Jeanine Añez doit convoquer une élection présidentielle dans les 90 jours suivant la démission du chef de l'Etat, d'après la Constitution.

Les forces de l'ordre déployées à La Paz

Dans les rues, un climat de violence s'est installé, à tel point que la police, s'estimant "dépassée" par la situation, a demandé lundi l'aide de l'armée, qui a accepté de la lui fournir.

Après les incident de lundi, les forces de l'ordre étaient déployées dans La Paz, tandis qu'un groupe de manifestants partisans d'Evo Morales se concentraient sur la place San Francisco, à quelques pâtés de maisons du Parlement, selon les médias locaux et l'AFP.

L'Organisation des Etats américains (OEA) doit quant à elle avoir mardi à Washington une réunion sur la situation en Bolivie.

Dimanche soir, des milliers de Boliviens ont déferlé dans les rues pour célébrer le départ d'Evo Morales, après la vague de contestation au cours de laquelle trois personnes ont été tuées et 383 blessées.

Avec AFP

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