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Plus un seul Chinois n'entre en Russie ! La méthode la plus dure pour contrer le Covid-19

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La Place Rouge déserte à Moscou, le 19 février 2020
La Place Rouge déserte à Moscou, le 19 février 2020   -   Tous droits réservés  Yuri KADOBNOV / AFP
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Difficile d'être plus radical pour stopper toute infiltration du nouveau coronavirus mortel dans un pays. Ce jeudi 20 février 2020, plus le moindre ressortissant chinois ne peut mettre les pieds en Russie, comme l'ont décrété les hautes autorités russes; unique exception faite pour les passagers en transit dans les aéroports, puisque nombre de touristes chinois font escale notamment à Moscou en provenance ou en partance pour les capitales d'Europe de l'Ouest.

Pourquoi un tel zèle ?

Les Russes ont pris des mesures restrictives d'entrée sur leur territoire à l'encontre de la Chine dès le mois de janvier mais, cette fois, on atteint un paroxysme. Une partie de la communauté internationale se demande même pourquoi faire preuve d'un tel zèle alors que le pays, malgré son immensité, maîtrise bien la situation : plus aucune trace de Covid-19 officiellement, les deux seuls malades qui étaient recensés, d'origine chinoise, sont sortis guéris de l'hôpital la semaine dernière.

Certains experts russes de la politique étrangère et des relations internationales, mais travaillant pour une ONG occidentale, le Centre Carnegie de Moscou - une antenne de Carnegie Endowment for International Peace, en français la Fondation Carnegie pour la paix internationale, basée à Washington - osent également poser des questions qui fâchent... comme Alexandre Gabouïev, cité par l'Agence France-Presse :

Une mesure draconienne due à une sinophobie latente parmi les
Russes ?

Au vu de la situation économique fragile, le Premier ministre prend des mesures populistes et met l'accent sur la sécurité
Dimitar DILKOFF / AFP
Certains Russes portent un masque dans le métro de Moscou, le 7 février 2020Dimitar DILKOFF / AFP

Un gros manque à gagner touristique

Paradoxalement, le coût de cette fermeture totale du pays aux travailleurs chinois qui viennent parer le manque de main-d'oeuvre russe sur les grands chantiers de construction, aux étudiants et aux très nombreux touristes risque de plomber encore plus l'économie. L'an dernier, environ 2,3 millions de Chinois sont passés en Russie, dont près de 1,5 millions pour faire du tourisme, ce qui en fait la plus forte source de visites du monde entier. Moscou, Saint-Pétersbourg, mais aussi le lac Baïkal en Sibérie et la péninsule du Kamtchatka, en Extrême-Orient russe, sont leurs destinations les plus prisées.

L'Association des voyagistes russes se prépare déjà à un lourd déficit. Les pertes dans l'industrie du tourisme, selon ses estimations, pourraient se monter pour ce mois de février et celui de mars à près de 2,8 milliards de roubles; cela équivaut à plus de 40 millions d'euros au taux de change actuel. Pour le moment, cette sombre perspective économique semble passer au-dessus de la tête des dirigeants russes, leur inquiétude est fixée sur un seul fléau, du nom scientifique de Covid-19.