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Maxime, livreur de repas pour les sans-abri pendant la crise du Covid-19

Maxime, livreur de repas pour les sans-abri pendant la crise du Covid-19
Maxime, livreur de repas pour les sans-abri pendant la crise du Covid-19   -   Tous droits réservés  Maxime Klimaszewski
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Le mardi 17 mars, les rues de Lyon étaient vides. Les instructions du gouvernement français étaient claires : restez chez vous. Mais où aller quand on vit dans la rue ?

Pour des centaines de sans-abri, le confinement n’était pas synonyme d’enferment, mais de faim et d'incertitude, encore plus que d'habitude. Que faire si on tombe malade ? Où trouver de la nourriture quand tout est à l’arrêt à cause du nouveau coronavirus ?

Depuis le début de la crise, les associations qui aident les personnes dans la rue ont dû faire face à plusieurs problèmes, comme le manque de bénévoles et de matériel de protection. Beaucoup de leurs volontaires réguliers sont des personnes âgées, la population la plus vulnérable, et devaient eux aussi se protéger.

Maxime Klimaszewski

C'est à ce moment que des jeunes comme Maxime Klimaszewski ont décidé d'agir. L'homme de 28 ans a rejoint le mouvement citoyen #PourEux, une initiative créée pendant le confinement pour livrer des panier-repas aux sans-abri dans plusieurs villes en France.

Le projet fonctionne de manière simple au moyen d'une application. D'abord, les cuisiniers enregistrent les repas qu’ils ont préparés sur le site web. Puis, les livreurs passent chercher la nourriture et la distribuent aux personnes qui en ont besoin.

Pour Maxime, on n’a pas besoin de beaucoup pour « redonner le sourire à certaines personnes ».

"Chacun peut aider à son niveau. Ça ne nous prend pas beaucoup de temps ni beaucoup d'argent et ça peut aider le quotidien de pas mal de personnes", affirme-t-il.

Françoise, cuisinière citoyenne, est aussi heureuse de participer à cette initiative. Même si son âge ne lui permet pas d’aller sur le terrain, elle rejoint la bataille depuis sa cuisine. Les panier-repas qu’elle prépare se composent toujours d’une entrée, un plat et un dessert, et souvent d’un petit mot qu’elle aime glisser à l’intérieur :

"Bon appétit et belle journée ensoleillée. Nous sommes très heureux de partager ce repas avec vous. Nous espérons que ce sera une joie partagée".

Maxime Klimaszewski

Après deux mois de livraisons, Maxime a pu tisser des liens avec les gens qu’il rencontre. Une de ces personnes est Éric, un sans-abri qui vit dans les rues de Lyon. Passionné par les livres, il aime partager ses dernières lectures avec Maxime qui, en échange, lui offre des repas "faits avec amour".

Pendant le confinement, la solidarité de ses voisins a été essentielle pour Eric. Mais à la différence de leur vie, la sienne ne prendra pas un tournant avec le déconfinement, à l’exception des aides sociales qui ont été suspendues depuis le début de la crise.

"Je suis confiné là ou ici…", dit-il.

EuronewsOelsner, Natalia

Vers une augmentation des décès dans la rue ?

La Fondation Abbé-Pierre estime qu'à la fin de l'année 2019, environ 250 000 personnes vivaient dans un centre d’hébergement d’urgence ou d’accueil des demandeurs d’asile sur le territoire français. Par ailleurs, quatre millions de personnes seraient mal logées en France. Cependant, il n'existe pas de chiffre précis sur le nombre de sans-abri, vivant dans la rue, sous un pont ou sur le banc d'un parc. Eric n'est que l'un d'entre eux.

Pour faire face à la crise, la France a ouvert des centres de "desserrement" pour soigner les sans-abri contaminés par le nouveau coronavirus qui n'ont pas besoin d'être hospitalisés. Le président de la République Emmanuel Macron a également prolongé la trêve hivernale, qui empêche les propriétaires de demander l'expulsion de leurs locataires, pour protéger la population la plus vulnérable. Mais malgré ces mesures, il n'y a pas de place pour tout le monde.

Ces dernières années, la situation des sans-abri semble s'aggraver, notamment pour les familles et les enfants. Dans son rapport annuel sur l'état du logement en France 2020, la fondation prévient qu'en novembre 2019, entre 500 et 700 enfants étaient rejetés chaque nuit dans les centres d'hébergement d'urgence à Paris, selon plusieurs associations.

Selon le Centre d'Action Sociale Protestante (CASP), 158 bébés sont nés dans les rues de la capitale française en 2019, contre 100 en 2018 et 49 en 2017. Mais pendant que certains arrivent, d'autres disparaissent. Le collectif "Les Morts de la Rue" estime à 495 le nombre de décès en 2019 et à 683 en 2018 en France. Avec la pandémie du Covid-19, ces chiffres pourraient être beaucoup plus élevés cette année.