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Élections municipales : drôle de campagne en France, les bureaux de vote se préparent

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Un bureau de vote en cours de préparation à Saint-Genis-Laval (Rhône)
Un bureau de vote en cours de préparation à Saint-Genis-Laval (Rhône)   -   Tous droits réservés  Euronews
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En France, la campagne du second tour des municipales est plus difficile à mener en raison des mesures sanitaires. Les candidats se replient notamment sur les réseaux sociaux. Reportage.

Trois mois plus tard, on prend les mêmes, ou presque, et on recommence. Ce bureau de vote de Saint-Genis-Laval, près de Lyon en France, se prépare à accueillir une partie des 14 500 électeurs de la commune pour le deuxième tour des municipales.

Des isoloirs confinés pour que les électeurs évitent de toucher les rideaux, signalétique au sol pour assurer une circulation fluide, file d’attentes à l’extérieur, port du masque obligatoire pour tous à l'intérieur... : la liste des mesures sanitaires à faire respecter est longue.

"Dans chaque bureau de vote, le président et les assesseurs disposeront de masques chirurgicaux dont le port est obligatoire", explique Aurélien Javel, responsable du service « état civil » de la mairie de Saint-Genis-Laval. "Ils auront aussi des visières, et nous avons du gel hydroalcoolique en grande quantité".

Plus de 10 000 masques

Du gel, mais aussi 10 000 masques. Les deux tiers ont été financés par l’Etat, le reste par la collectivité. Si les équipes de la ville ont été moins prises de court que lors du premier tour, qui s’est tenu seulement deux jours avant le début du confinement, il fallu tout de même trouver de nouveaux bras.

"Là nous avons eu beaucoup plus le temps de préparer le scrutin, avec une meilleure connaissance du virus donc une meilleure connaissance des dispositifs qui permettent de protéger les électeurs et les membres du bureau de vote", explique Aurélien Javel. "Mais c’est vrai qu’il a fallu composer avec le fait que certains présidents de bureaux ou assesseurs sont âgés, ont des pathologies particulières, donc nous avons dû trouver de nouvelles personnes pour tenir les bureaux de vote".

Une campagne également chamboulée sur le terrain, alors que la figure du maire est connu en France pour être l’élu le plus proche des citoyens. Difficile de convaincre dans ces conditions, mais les différents candidats tentent de s'adapter au mieux.

"Nous sommes présents mais nous ne distribuons pas de tracts" pour respecter les gestes barrières, explique Pierre-Yves Roussel, qui se trouvait au marché ce vendredi matin pour soutenir la liste « Saint-Genis verte, solidaire et citoyenne ». "On est allé au contact d’une manière différente, en petits groupes, avec les gestes barrières, les masques, aux abords des écoles, on est aussi allé voir des personnes mais en petits groupes", souligne pour sa part Marylène millet, tête de liste « Aimer Saint-Genis ».

Les réseaux sociaux au secours des candidats

Les réunions publiques sont seulement autorisées pour un nombre très limité de participants. A la place, les candidats privilégient les réseaux sociaux et le tractage, mais en veillant aux respects des règles sanitaires. Les équipes des candidats restaient par exemple aux abords du marché ce vendredi matin. La campagne de terrain en prend un coup, alors que le but est justement d'éviter l'abstention record du 1er tour (moins de la moitié des électeurs s'étaient rendus aux urnes).

Exit les meetings, donc, et place aux Facebook live. Les candidats investissent les réseaux sociaux pour ne pas perdre le contact avec les électeurs, et redynamiser la campagne, quelque peu éclipsée par le coronavirus. Mais le numérique a aussi ses limites

"C’est vrai qu’il manque ce contact, il manque le regard rieur, moqueur, voire désapprobateur, ça permet de toucher des personnes chez elles mais ça ne remplace pas le contact direct, les réunions publiques, les visites dans les quartiers", explique Roland Crimier, maire sortant de Saint-Genis-Laval et candidat à sa réélection.

Une campagne allégée après un premier tour dont le maintien avait été très critiquée. Mais contrairement aux idées reçues, les abstentionnistes du 1er tour n’étaient pas forcément les plus fragiles. Selon une étude Ipsos, ce sont les jeunes qui se sont le moins mobilisées.