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Combats meurtriers au Karabakh, l'Azerbaïdjan et l'Arménie au bord de la guerre

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Image - Ministère arménien de la Défense
Image - Ministère arménien de la Défense   -   Tous droits réservés  AFP
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L'Arménie décrète la mobilisation générale et la loi martiale, alors que des combats meurtriers opposent ses forces et les séparatistes du Nagorny Karabakh à celles de l'Azerbaïdjan voisin.

De violents combats ont éclaté dimanche entre les forces azerbaïdjanaises et les séparatistes de la région du Nagorny Karabakh soutenus par l'Arménie, faisant des morts civils et militaires.

Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a promis dimanche la victoire. "L'armée azerbaïdjanaise combat aujourd'hui sur son territoire, défend son intégrité territoriale, porte des coups dévastateurs à l'ennemi. Notre cause est juste et nous allons vaincre", a-t-il dit.

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a indiqué dans un communiqué avoir lancé une "contre-offensive sur toute la ligne de front", afin de "mettre fin à des activités militaires des forces armées de l'Arménie".

Mobilisation générale

"Des morts et des blessés ont été rapportés parmi les civils et les militaires", a déclaré la présidence azerbaïdjanaise, tandis que le médiateur public du Karabakh a déclaré qu'il y avait "des victimes civiles" dans la population de la région.

L'Arménie a indiqué qu'une femme et un enfant avaient été tués. Les séparatistes du Karabakh ont pour leur part décrété "la loi martiale et la mobilisation générale", tandis que le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a lui indiqué, selon l'agence russe Interfax, que les forces séparatistes et arméniennes "résistent avec succès" à une attaque adverse.

L'Azerbaïdjan avait auparavant indiqué qu'un de ses hélicoptères avait été abattu mais que son équipage était sain et sauf. Il affirme avoir détruit 12 batteries anti-aériennes.

"Tôt ce matin, la partie azerbaïdjanaise a lancé des bombardements tout au long de la ligne de contact. Ils bombardent aussi Stepanakert (la capitale), nous appelons la population à se mettre à l'abri", a pour sa part indiqué le porte-parole de la présidence séparatiste sur sa page Facebook.

L'Azerbaïdjan a annoncé avoir conquis dimanche une demi-douzaine de villages sous contrôle arménien lors de combats le long de la ligne de front de la région séparatiste.

"Nous avons libéré six villages, cinq dans le district de Fizouli, un dans le district de Jebrail", a indiqué à l'AFP un porte-parole du ministère azerbaïdjanais de la Défense. Selon l'agence russe Interfax, l'Arménie a démenti ces affirmations.

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Réactions internationales

Un conflit majeur impliquant Erevan et Bakou pourrait entraîner l'intervention des puissances en concurrence dans la région du Caucase, la Russie et la Turquie.

Moscou a appelé dès dimanche matin "à un cessez-le-feu immédiat" et à des pourparlers entre les belligérants, alors que les deux camps se rejettent la responsabilité des hostilités.

Un porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, allié traditionnel de Bakou, a lui dénoncé sur Twitter "l'attaque de l'Arménie contre l'Azerbaïdjan", accusant Erevan d'avoir attaqué "des localités civiles".

Bruxelles appelle de son côté à la cessation des hostilités et au "retour immédiat aux négociations", tandis que la France s'est dite "vivement préoccupée par les affrontements d'ampleur en cours au Haut-Karabakh", appelant également les belligérants à "cesser immédiatement les hostilités et à reprendre le dialogue".

Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, Paris, "avec ses partenaires russe et américain, réitère son engagement en vue de parvenir à un règlement négocié et durable du conflit" dans cette région, "dans le respect du droit international".

30 ans de conflit

Elle a été le théâtre d'une guerre au début des années 1990 qui a fait 30.000 morts, et depuis lors, les autorités azerbaïdjanaises veulent en reprendre le contrôle, par la force si nécessaire. Des pourparlers de paix sont dans l'impasse depuis de longues années.

Des combats opposent régulièrement séparatistes et Azerbaïdjanais, mais aussi Erevan et Bakou. En 2016, de graves heurts avaient failli dégénérer en guerre au Karabakh, et des combats meurtriers ont aussi opposé en juillet 2020 Arméniens et Azerbaïdjanais à leur frontière nord.

Les deux camps ont l'habitude de se rejeter la responsabilité de ces flambées de violence. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev avait menacé vendredi l'Arménie de représailles, en raison de son "comportement agressif", évoquant les affrontements du mois de juillet, et avait accusé Erevan de "faire échouer à dessein les négociations" de paix sur le Karabakh.

Il avait aussi estimé que l'Arménie préparait des "dizaines de milliers d'hommes ayant un seul but, attaquer l'Azerbaïdjan". Bakou a profité de ses réserves immenses de pétrole pour dépenser sans compter en matière d'armement ces dernières années. L'Azerbaïdjan peut aussi compter sur le soutien sans faille du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui accuse régulièrement l'Arménie d'être une menace pour la stabilité du Caucase.

L'Arménie, bien plus pauvre, est par contre plus proche de la Russie, qui y dispose d'une base militaire. Erevan appartient aussi à une alliance politico-militaire dirigée par Moscou, l'Organisation du traité de sécurité collective.

Le Kremlin, qui se positionne en arbitre dans la région, livre des armes aux deux pays. Et depuis près de 30 ans, il est parvenu à éviter une guerre ouverte. La médiation internationale sur le Karabakh, appelée Groupe de Minsk, inclut, outre Moscou, la France et les Etats-Unis.