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Le professeur français exécuté aurait fait l'objet d'une "fatwa", 15 personnes sont en garde à vue

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Manifestation en hommage au professeur Samuel Paty à Paris, le 18 octobre 2020
Manifestation en hommage au professeur Samuel Paty à Paris, le 18 octobre 2020   -   Tous droits réservés  Michel Euler/AP
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Les Français n'ont pas seulement exprimé leur compassion à la suite du terrifiant assassinat de Samuel Paty, ce professeur d'histoire-géographie qui enseignait dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, en région parisienne, ils réclament aussi des actes au gouvernement. Ce dernier, poussé à agir au plus vite, a annoncé lundi que plus de 80 enquêtes ont été ouvertes à l'encontre de personnes qui sont suspectées de fréquenter les milieux islamistes ou qui ont appelé à la haine, particulièrement sur différents réseaux sociaux.

Des fichés "S" et des imams radicaux ciblés

Ces enquêtes sont déjà suivies d'effets, selon le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. Plus d'une trentaine d'opérations de police ont déjà été menées afin d'arrêter des individus déjà fichés "S" et surveillés par les services de renseignements ; des imams connus pour prononcer des prêches radicaux en font partie. Une source judiciaire a indiqué à des médias que des "descentes" policières ont notamment eu lieu dans les villes d'Orléans, de Chartres et de Bourges, dans le centre du pays.

Le ministre souligne que les opérations ne vont pas s'arrêter d'un seul coup mais se poursuivre au contraire pendant plusieurs jours. Il précise quel est leur but :

Les individus n'ont pas un lien forcément avec l'enquête (...) mais nous avons manifestement envie de faire passer un message : (...) pas une minute de répit pour les ennemis de la République
Gérald Darmanin
Ministre de l'Intérieur

Une "fatwa" lancée contre le professeur décapité

Après de nouvelles arrestations dans la journée de lundi, 15 personnes sont maintenant en garde à vue. Parmi elles se trouvent 4 collégiens ; selon certaines sources en effet, l'enseignant, Samuel Paty, aurait été signalé au terroriste par un ou plusieurs élèves en échange d'une somme de quelques centaines d'euros. Pour les enquêteurs de l'antiterrorisme, il s'agit surtout d'établir si le tueur a bénéficié de complicités.

Parmi les suspects entendus figure un homme qui répand ouvertement des thèses islamistes, Abdelhakim Sefrioui ; on a appris par le ministre de l'Intérieur qu'il est soupçonné d'avoir "manifestement lancé une fatwa" contre le professeur exécuté vendredi dernier par Abdoullakh Anzorov, un jeune Russe de 18 ans d'origine tchétchène ; un peu après son attentat, ce dernier a été abattu de plusieurs balles par des policiers arrivés rapidement sur place.

La mosquée de Pantin contrainte de fermer

Dans le collimateur des autorités françaises se trouvent également une cinquantaine d'associations ou petites structures qui sont accusées de remettre en cause régulièrement la laïcité et de flirter avec les idées islamistes : le Collectif contre l'islamophobie en France(CCIF)et l'association dite humanitaire Baraka City sont notamment citées par les services de l'Intérieur.

Le ministre de l'Intérieur a aussi annoncé qu'il avait demandé au préfet de Seine-Saint-Denis, département de l'est parisien, de fermer la mosquée de Pantin ; celle-ci a notamment relayé sur sa page Facebook une vidéo dénonçant le cours de Samuel Paty durant lequel il avait, entre autres, montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves.

Améliorer la lutte contre le "cyber-islamisme"

De son côté, la ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, s'est rendue au siège de la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité, où elle a rencontré des responsables des services de police et de gendarmerie spécialisés dans ce domaine. L'objectif est de trouver les moyens d'améliorer le combat contre les messages haineux.

Marlène Schiappa, qui a insisté sur la volonté du gouvernement de lutter "contre le cyber-islamisme qui se développe sur internet", rencontre également ce mardi les responsables des filières françaises des grands réseaux sociaux - Facebook, Twitter, Google, Tiktok et Snapchat - pour tenter de les mettre face à leurs responsabilités.

Hommage national à la Sorbonne

Le président Emmanuel Macron a choisi la célèbre université parisienne de la Sorbonne comme lieu d'hommage national au professeur d'histoire-géographie assassiné. Ce lieu est un symbole de l'esprit des Lumières et permet ainsi de mettre à l'honneur la profession d'enseignant ; le choix a été fait "en accord avec la famille du défunt", a précisé le palais de l'Elysée. La cérémonie solennelle se tiendra le mercredi 21 octobre en fin d'après-midi.

Commentaire TV : Olivier Peguy